Elle est une chanteuse étonnante et une musicienne inspirée. Lidwine qui joue mardi 18 novembre à la Maison de l’Université à Mont-Saint-Aignan crée des univers poétiques et planants. Le concert se déroule dans le cadre des Zazimuts et du festival Chants d’elles.

 

photo Thierry Rateau

photo Thierry Rateau

Rien n’est calculé. Pourtant Lidwine donne rendez-vous en octobre les années paires. Il y a eu un EP, puis un second et, enfin le premier album, Before our lips are cold, sorti il y a quelques jours. La chanteuse poursuit son exploration dans une matière sonore riche, composée de cordes, de cuivres et d’electro. L’univers singulier reste doux, parfois lumineux, parfois mélancolique, et peut devenir sauvage. C’est une large palette d’émotions qu’insuffle Lidwine dans ses chansons.

 

« Ce que je compose aujourd’hui, je savais que j’allais réussir à la faire. Mais je ne savais pas comment. Quand je travaille sur un morceau, je le fais toujours en réaction à quelque chose. Si je sens qu’il est facilement identifiable, je m’en éloigne. Je cherche, je construis et j’essaie de trouver un équilibre ».

 

Elle construit ainsi d’albums en albums. Un premier EP tout d’abord qui arrive après la pratique de la danse. « J’ai ressenti un grand vide. Je ne savais pas quoi faire de mes os. La musique a rempli ce vide et elle est devenue un besoin ». Elle a commencé à écrire, sorti cet EP, comme pour se prouver qu’elle était capable de finaliser un projet. « Je pensais que ce serait le seul album, que j’avais tout dit. Sauf que, quand on met le doigt dans la musique, on ne le sort plus. En fait, ce n’était pas la fin mais le début d’une période. Un disque est juste un instantané. Comme nous évoluons régulièrement, il y a toujours quelque chose à dire ».

 

 

Dans cette discographique, le deuxième EP s’avère une parenthèse. Lidwine l’a enregistré dans une église parisienne et a joué la carte de l’épure et surtout de l’émotion. «  Je la cherche toujours. Le plus difficile est de la garder dans la mélodie, dans l’interprétation ». La voix cristalline aide beaucoup. « J’ai appris à la maîtriser. Aujourd’hui, ma voix est l’instrument que je maîtrise le mieux » et qu’elle a appris à préserver. « Un jour, j’ai eu un souci. Je la perdais et elle devenait de plus en plus rocailleuse. Il m’est arrivé d’hurler sur des disques ou lors de soirées. J’ai dû prendre des cours pour la retrouver ». Sur scène, Lidwine est accompagnée d’un batteur. Elle retrouve la harpe et l’harmonium. Elle a déshabillé ses morceaux pour en garder toute l’essence.