Rencontre à Rouen : Isabelle Monnin à l’Armitière

par | 26 novembre 2015 | A la une, Dédicace

Les Gens dans l’enveloppe (JC Lattès), c’est un peu la fiction qui se cogne au réel. Un drôle d’exercice qui surprend sans doute autant le lecteur… que l’auteure. Isabelle Monnin présente son nouveau roman samedi 28 novembre à l’Armitière à Rouen.

 

Isabelle MonninAu départ, il y a une idée limite malsaine… Puis une deuxième. La première, c’est de vouloir acheter une enveloppe contenant 250 photos appartenant à une famille que l’on ne connaît absolument pas (si on la connaît, ce n’est d’ailleurs pas beaucoup plus sain…). La deuxième idée étrange, c’est de se lancer dans l’écriture d’un roman à partir de ces photos pour raconter la vie des Gens dans l’enveloppe. Ou plutôt, l’inventer. Car les photos parlent. Mais ne disent rien. Des photos de famille banales, des bouts de paysages, des attitudes, des objets… Isabelle Monnin va en faire le terreau de son histoire, celle d’une petite fille qui vit avec son père inconsolable du départ de sa femme. L’histoire de la souffrance de cette petite fille, Laurence, qui va tenter de grandir sans grand entrain. Et l’on va faire connaissance avec d’autres personnages : Michelle, Serge et… Mamie Poulet. Et le (court) roman va suivre son chemin. Fin de l’histoire.

 

Et c’est là que le livre prend un virage à grande vitesse sur chaussée glissante avec risque de dérapage suivi de tonneaux. Isabelle Monnin va « compléter » son roman par une enquête sur la vraie vie des  Gens dans l’enveloppe… « Pour éviter tout parasitage, il faudra s’interdire de commencer l’enquête avant d’avoir écrit la fiction et il sera impossible de modifier l’intrigue du roman une fois l’enquête achevée. C’est comme ça, un pacte entre les gens dans l’enveloppe, l’idée et moi. »

 

Un pacte tellement solide que l’enquête va même éclipser le roman. La réalité ne dépasse pas la fiction, elle vient la miter ; car les personnages sont là – du moins, leur apparence, leur « enveloppe »… – mais leurs destins se mettent à onduler d’une moitié du livre à l’autre. « C’est peut-être cela être romancière : avoir des livres qui poussent dans les interstices de tout. » Et Isabelle Monnin ne pourra s’empêcher de faire des rapprochements entre ce qu’elle a imaginé et ce qu’elle a découvert. Etranges correspondances ; d’autant que la réalité de ces Laurence, Michelle, Serge et Mamie Poulet-là est aussi marquée par la tragédie. Et au final, troisième impact, le roman de l’enquête va venir interférer avec le futur des Gens dans l’enveloppe… Ou comment une histoire simple devient vertigineuse.

 

H.D.

 

  • Samedi 28 novembre à 15h30 à l’Armitière à Rouen. Entrée libre

 

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