Rencontre au Havre : Christian de Metter à la Galerne

par | 20 novembre 2015 | A la une, Dédicace, Une BD

Au Revoir là-haut en BD… Le Goncourt 2013, “Au Revoir là-haut”, de Pierre Lemaître, est devenu une bande dessinée sous le pinceau de Christian De Metter qui est de passage à la Galerne au Havre samedi 21 novembre.

 

photo Isabelle Franciosa

photo Isabelle Franciosa

Il fait partie des Goncourt qui ont remporté tous les suffrages. Salué par la critique et par les lecteurs à sa sortie en 2013 avant même d’être primé, le livre de Pierre Lemaître a connu les sommets avec plus de 500 000 exemplaires vendus (hors édition de poche sortie cette année). D’où sans doute l’idée de décliner le roman en BD. Avant une version cinématographique qui semble sur les rails… Un défi, tant la force d’Au revoir là-haut (sorti initialement chez Albin Michel) tient autant à l’histoire qu’il raconte qu’au style de Pierre Lemaître.

 

Un sujet grave, la Première Guerre mondiale avec l’horreur des tranchées puis un retour impossible à la vie normale mais un ton volontiers malicieux voire sarcastique pour emmener le lecteur dans un récit édifiant sur fond d’arnaques à grande échelle. Un mélange d’autant plus délicat que l’un des personnages principaux a été défiguré au combat en sauvant un autre soldat et qu’il va vivre toute cette aventure à visage découvert ou presque.

 

Il fallait sans doute que l’on confie à l’auteur les commandes de cette adaptation pour qu’elle fonctionne. Ce qui fut fait. Et bien fait. Même si l’album (publié aux éditions Rue de Sèvres) compte plus de 160 pages, il aura néanmoins fallu copieusement compacter tout en gardant l’essence même du roman et les moments-clés. Mais le plus difficile était encore de trouver le traitement graphique approprié. Et là encore, le résultat est remarquable. Un trait trop réaliste aurait séché la narration. C’est là que l’artiste déjà remarqué sur les adaptations de Scarface et Shutter Island fait merveille. Christian De Metter retrouve miraculeusement l’atmosphère de l’époque dans les personnages de Lemaître, réduisant les décors à une architecture fantôme. Et surtout, le dessinateur parvient à conserver la pointe de poésie aérienne indispensable à un récit qui bascule vers le surréalisme pour donner plus de force au réel. C’est Philippe Torreton qui signe la préface de cette version BD.

 

H.D.

 

  • Samedi 21 novembre à partir de 16h30 à la Galerne au Havre. Entrée libre.

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