Karine Tuil rencontre son public mardi 22 novembre à la Galerne au Havre. Pour un roman implacable, L’Insouciance. Comme le destin.

 

photo F. Mantovani

photo F. Mantovani

C’est une locomotive lancée sur la voie. Aux commandes, Karine Tuil. A bord, quatre personnages à un moment crucial de leur vie. Ils ne savent pas encore que le train ne va pas s’arrêter. Le convoi a pris de la vitesse. Ils n’y avaient pas prêté attention. L’Insouciance (Gallimard) prend ses héros par surprise. D’ailleurs, d’insouciance, il ne sera pas question. Il est trop tard. Et pour cause : Romain revient d’Afghanistan, écrasé par la culpabilité et l’horreur de la guerre ; François Vély, richissime patron d’une société de télécom plonge dans un scandale ; Marion, sa femme par ailleurs journaliste, ne voit plus d’issue et Osman, « issu de la diversité » se fait éjecter de son poste de conseiller à l’Elysée…

 

Un roman résolument ancré dans une actualité récente qui va tailler un costard à ce monde sans pitié qui broie les hommes et les femmes. Karine Tuil avance sur la voie de chemin de fer, comme si le destin poussait derrière elle. Plus grand monde n’a de prise sur le cours des événements. Les usages et les codes de la société sont bien plus forts. Cynisme, ambition… L’homme a l’art de creuser sa propre tombe. Il faut néanmoins plus de 500 pages pour boucler la boucle, refermer le dossier. Difficile entretemps pour le lecteur de pouvoir sauter du train.

 

Hervé Debruyne

 

  • Mardi 22 novembre à 18 heures à La Galerne au Havre. Entrée libre