Magne Håvard Brekke a réuni une bande de copains dans Ljodahått. En tout dix musiciens talentueux et tous ont composé sur des poèmes norvégiens que leur a confiés le comédien. Après la sortie d’un album, Eg stend eg, seddu, Ljodahått commence sa tournée mardi 5 novembre au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen.

 

photo Gilles Philippot

photo Gilles Philippot

Il a fallu un bout de papier. Juste un petit bout de papier, oublié dans une poche de pantalon, sur lequel était imprimé un poème norvégien. Magne Håvard Brekke le retrouve lors d’une conversation avec le musicien Laurent Petitgand. Quelque temps auparavant, le comédien Jacques Bonnaffé lui demandait d’inventer « quelque chose sur la Norvège ».

 

Pour Magne Håvard Brekke , ce pays reste bien loin. Il en est parti à l’âge de 17 ans pour Berlin afin de travailler avec des metteurs en scène allemands. Au bout de dix ans, Magne Håvard Brekke qui a joué au cinéma dans Un Amour de jeunesse de Mia Hansen-Løve et au théâtre dans plusieurs pièces de Tchekhov décide de s’installer à Paris où il vit toujours.

 

Face à ce papier et cette proposition, Magne Håvard Brekke a été « troublé. Je n’avais pas envie. J’ai quitté la Norvège il y a très longtemps. J’avais peur aussi parce que ce sont mes racines ». Mais l’idée est là et ne le quitte pas.

 

 

Le comédien réunit des poèmes d’auteurs norvégiens de périodes différentes. « Je viens du théâtre donc les textes sont très importants pour moi. Je suis ensuite allé voir mes amis que j’apprécie en tant qu’être humain et en tant qu’artiste. J’ai passé beaucoup de temps avec eux ». Tous ont composé une musique jazz-rock sur ces textes universels et sont allés enregistrer en Norvège cet album, Eg stend eg, seddu.

 

Un projet véritablement européen

Ljodahått est ainsi né. Magne Håvard Brekke a réussi à réunir des artistes norvégiens, suisse, allemand, autrichien, anglais et français qui viennent d’horizons divers. Le résultat est magique. Il y a tout d’abord ce bel album illustré par Jérôme Meyer-Bisch que l’on feuillette et qu’on lit comme un recueil de poèmes – les textes norvégiens sont traduits en français, anglais et allemand. On découvre des poèmes traduits dans une langue moderne et écrit par des auteurs des XIXe et XXe siècles jusqu’alors inconnus, sauf Ibsen. Ils évoquent l’amour, cette soif de lumière, le besoin de rêver et cette terre de Norvège parfois si hostile.

 

La voix de Magne Håvard Brekke, très présente et grave, est un formidable remède au stress. Elle emporte loin, très loin. Si le chant en norvégien peut a priori donner quelques appréhensions, le comédien ôte très vite tout cela par son interprétation sensible qui laisse deviner les thèmes des chansons. Ljodahått est une véritable aventure inattendue.

 

Ljodahått, c’est :

  • Magne Håvard Brekke : compositeur, interprète
  • Ståle Caspersen : compositeur, interprète
  • Steven Forward : basse, interprète
  • Jürg Kieberger : compositeur, interprète
  • Matthias Loibner : vielle, interprète
  • Vidar Osmundsen : guitare, piano, interprète
  • Laurent Petitgand : compositeur, interprète
  • Eirik Mannsåker Roald : violoncelle, interprète
  • Sébastien Souchois : saxophone ténor, alto, compositeur, interprète
  • Rainer Süßmilch : compositeur, interprète
  • Sam Walker : batteur, interprète

 

Infos pratiques

  • Mardi 5 novembre à 20h30 au Trianon transatlantique à Sotteville-lès-Rouen. Tarifs : de 16 à 8 €. Réservation au 02 35 73 95 15 ou sur www.trianontransatlantique.com
  • Mercredi 6 et jeudi 7 novembre à 20 heures à la Maison de la Poésie, 157, rue Saint-Martin à Paris. Réservation au 01 44 54 53 00.