Une colonie de robots envahit la galerie Mona à Rouen du 16 au 29 août. Des machines émouvantes imaginées par Mon Sieur Rêve qui présente également pour la première fois une série de têtes.

 

mika teteMon Sieur Rêve s’est remis au bricolage. De son atelier sont sortis 15 nouveaux robots trois ans après les premiers présentés à L’Esthétique du chien à Rouen. 15 personnages « vissés, collés, cloutés, harnachés, ciselés, ficelés… » et fabriqués avec les outils rouillés de son grand-père, des boîtes en bois, des lampes, des plaques de circuit électrique et une clé – celle des songes, des champs, du bonheur, du mystère… A chacun de deviner.

 

Tous ces outils possèdent ainsi une histoire intime et personnelle qui devient universelle lorsqu’ils sont assemblés. « J’aime cette idée qu’une part de mon grand-père aille vivre ailleurs ». Il y a un brin de nostalgie dans ces personnages, baptisés de nom d’illustres hommes de la Grèce antique. Même s’ils se révèlent dans une intemporalité, les robots rappellent ce cours du temps qui échappe.

 

C’est lors d’un second regard que l’on décèle cette part d’ombre. Au premier coup d’œil, les personnages de Mon Sieur Rêve se révèlent plutôt drôles, espiègles, rusés, attendrissants. On les imagine débarquer de l’univers du cinéma ou de la bande dessinée.

 

Dans cette exposition, il y aussi les têtes, de nouvelles créations. C’est aux côtés d’Amanda Pinto da Silva que Mon Sieur Rêve a commencé à modeler ces visages, troublants par leur expressivité et le silence qu’ils imposent. On lit sur ces têtes des récits de vie cabossée, des espoirs déçus mais des rêves encore et toujours.

 

Mon Sieur Rêve surprend une nouvelle fois. Ce garçon généreux et plein d’humour, libraire à Rouen, a mille idées en tête, fait des clins d’œil malins chaque matin avec des citations d’écrivains et de philosophes. Là, il offre une part de ses rêves.

 

  • Galerie Mona, 47, rue des Bons-Enfants à Rouen.