Revival blues

par | 28 octobre 2014 | Concert

Miraculous Mule Promo 3Miraculous Mule a fait forte impression il y a un an avec Deep Fried et le titre endiablé, Satisfied. Le groupe londonien, emmené par Michael J. Sheehy, une des figures du rock britannique, va à l’essentiel en mélangeant diverses influences, blues, gospel… Nouvelle étape avec un huit titres, Blues Uzi sorti il y a quelques jours, comme une piqure de rappel heavy blues. Miraculous Mule est en tournée en France. Il joue mercredi 29 octobre au McDaid’s au Havre, puis jeudi 30 octobre au Kalif à Rouen, avant une séance de dédicaces à Select Record. Entretien avec Michael J. Sheehy.

 

Quels étaient vos désirs pour cet album, Blues Uzi ?

D’une part, Blues Uzi réunit la matière que nous avions gardée lors des sessions de travail sur notre premier album, Deep Fried. Nous avions travaillé très dur en studio pour terminer ces chansons mais nous avons considéré qu’elles ne trouvaient pas leur place sur Deep Fried. En fait, Blues Uzi peut être perçu comme un pendant au premier album.

 

Sur ce premier album, vous avez pioché dans le répertoire d’Alan Lomax. Qu’aimez-vous dans ces chansons ?

Pour être précis, les chansons que Lomax a enregistrées à Parchman Farm et en divers endroits ne sont pas ses chansons. Pour la plupart, nous ne sommes pas certains de la véritable identité des auteurs. Elles proviennent de la tradition orale afro-américaine et remontent à l’époque de l’esclavage. Cependant, il faut accorder un mérite à Lomax qui a cherché et réuni mille chansons qui auraient été perdues. Néanmoins, nous ressentons fortement qu’elles n’ont pas été composées pour être enregistrées. La plupart sont des chansons, interprétées pendant un travail, qui ont été transmises, adaptées, « châtrées », « bâtardisées », plutôt qu’écrites dans un but précis. Pour répondre à votre question, ces chansons racontent beaucoup sur la capacité de l’esprit humain à vaincre l’adversité. Elles sont primitives et pourraient presque être considérées comme du pré-blues.

 

Il y a en effet un thème récurrent dans cet album : la nature et l’esprit humains. Pourquoi ?

La musique peut être parfois une distraction. Elle évoque aussi ce qui se passe dans le monde. Pour moi, un album doit être les deux à la fois. Nous cherchons à aborder la question du temps : le temps dans lequel nous vivons et qui nous renvoie au passé. Nous comprenons que quelques vérités sont éternelles et, malheureusement, la nature humaine ne change pas depuis 6 000 ans. Les riches marchent encore sur les pauvres.

 

 

Pourquoi n’avez-vous pas eu une approche de bluesman ?

Nous ne cherchons pas l’authenticité. Nous sommes blancs, travaillons avec des personnes de Londres qui aiment le blues. Nous avons essayé d’épurer ce blues à travers ce qui nous poursuit : le rockabilly, la musique psychédélique, le heavy métal, le hip-hop.

 

Quels musiciens vous ont fait aimer le blues ?

Mon amour pour le blues a commencé probablement avec Elvis Presley. A ce moment-là, je ne savais pas que sa musique était influencée par le blues. Je ne savais même pas ce qu’était le blues lorsque j’étais un enfant. Cette musique était pour moi toujours là. Je me souviens exactement avoir été emporté par John Lee Hooker, chantant Boom Boom dans le film The Blues Brothers. Je devais avoir 7 ans. Depuis, je ne fais que découvrir de nouveaux artistes.

 

 

Est-ce que le trio reste une formule idéale ?

Pour nous, à ce moment de nos vies, c’est en effet la meilleure formule. Nous devons nous sentir bien. La chose la plus importante dans un groupe est que chaque membre n’ait aucune crainte de s’exprimer.

 

Quelle est la suite de l’histoire de Miraculous Mule ?

Après cette tournée, nous allons terminer d’écrire notre nouvel album et nous espérons commencer à l’enregistrer en décembre. Nous ne sommes encore très sûrs de la manière dont il sonnera. Il y a influences diverses et variées qui transparaissent dans notre travail aujourd’hui. Cela va du hip-hop au doom métal, du Sahara blues au rock garage.

 

  • Mercredi 29 octobre à 20 heures au McDaid’s au Havre. Première partie : Meltcove. Tarif : 5 €.
  • Jeudi 30 octobre à 18h30 à Select Record à Rouen, à 20 heures au Kalif à Rouen. Première partie : Tarif : 4 €, gratuit pour les adhérents. Première partie : Ellah A. Thaun.

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