Le Hangar 23 fermé, une chapelle Saint-Louis avec une direction en intérim, des contraintes budgétaires plus importantes… La ville de Rouen a souhaité un nouveau projet pour ses équipements culturels. Baptisé L’Étincelle, celui-ci se développe sur trois lieux, la chapelle Saint-Louis, la salle Louis-Jouvet et la chapelle Corneille, et propose une programmation pluridisciplinaire ouverte sur les cultures du monde.

 

visite-decaleeLes fusions ne sont jamais évidentes. D’autant que les structures qui forment désormais L’Étincelle, théâtre de la ville de Rouen, avaient des cahiers des charges dissemblables : musiques du monde et danse pour le Hangar 23, théâtre et accompagnement des jeunes compagnies pour la chapelle Saint-Louis et la salle Louis-Jouvet. Il a donc été nécessaire de penser à « un renouvèlement du projet culturel » pour Yvon Robert, maire de Rouen. Un projet qui « s’inscrit dans la continuité et s’appuie sur les objectifs culturels de la ville », poursuit Christine Argelès, première adjointe, en charge notamment de la Culture. A savoir « le soutien à la création et à l’émergence », « les pratiques culturelles des habitants, importante en terme de citoyenneté », « la diffusion des cultures du monde telle que nous la connaissions au Hangar 23. Il est important de s’inscrire dans un dialogue interculturel ».

 

Dans la programmation de la première saison de L’Étincelle, la musique tient une large place. Du jazz avec Elina Duni, Yaron Herman, Paolo Fresu, Natacha Atlas, Jazzoo, Tom Harrell quartet, Sylvain Rifflet, Didier Lockwood, Mette Henriette, Laura Perrudin trio et de la world music avec Vicente Amigo, Alireza Ghorbani, Rabih Abou Khalil, Toumani & Sidiki Diabaté, Yom. Quant au théâtre, il apparaît comme le genre sacrifié avec moins de propositions (Le Chat Foin, PJPP, Zachary Oberzan, SimonLouiseClément, Alchimie Compagnie, Benjamin Porée, le Théâtre du Prisme). Pas pour Sébastien Lab, directeur de L’Étincelle. « Nous faisons moins de tout ». Surtout de la danse avec seulement quatre propositions (Amala Dianor, Mickaël Phelippeau, Kitsou Dubois, Jan Martens) ; les plateaux des salles ne pouvant pas accueillir des spectacles programmés comme au Hangar 23.

 

Dans le rapprochement des deux entités culturelles rouennaises, 1 + 1 n’est pas égal à 2. « C’est le principe de fusion de deux structures en difficulté. Au Hangar 23, il y avait une trentaine de propositions, à la chapelle, une vingtaine. Il était impensable de les ajouter en terme de logistique. Au premier trimestre, nous avons seulement trois jours off. C’est le budget artistique qui est le moins impacté », assure Sébastien Lab. Sur 1,2 million, un tiers est attribué à la partie artistique.

 

Une nouveauté : la création d’un Pôle Création pour « soutenir l’émergence, alors fortement porté par la chapelle Saint-Louis. Nous réaffirmons ce soutien aux compagnies et aux nouvelles formes », annonce Christine Argelès. L’Étincelle propose ainsi des résidences à des troupes qui sont sans cesse à la recherche de lieux pour créer et répéter. Elle reprend les Esquisses qui permettent des échanges avec des professionnels et le public. Lors de cette première saison, le Pôle Création est ouvert à le BBC de Bruno Bayeux et Karine Preterre, La Dissidente de Marie-Hélène Garnier, le Théâtre des Crescite, SimonLouiseClément, Alcimie Compagnie et le Caliband Théâtre.

 

C’est Acid Kostic qui présentera cette première saison de L’Étincelle du 26 au 30 septembre lors d’une promenade allant de la chapelle Saint-Louis à la chapelle Corneille où la compagnie a prévu une visite décalée.