Souad Massi est revenu sur le chemin des anciens poètes arabes. Dans son nouvel album, El Mutakallimūn, elle apporte un souffle de modernité à ces textes empreints de liberté et d’amour. Souad Massi joue samedi 6 juin à la scène nationale de Dieppe pour la clôture de la saison.

 

photo Jean-Baptiste Millot

photo Jean-Baptiste Millot

La poésie, elle en lit tous les jours. « J’ai besoin de lire un ou deux poèmes le soir avant de dormir. Ces textes m’apaisent ». Et la poésie classique ? « Ce fut une redécouverte. Je connaissais certains poèmes parce que je les ai étudiés quand j’étais à l’école ». Dans son nouvel album, El Mutakallimūn (les maîtres de la parole), Souad Massi, en concert samedi 6 juin à Dieppe, rend un hommage à ces poètes, à ceux qui ont pris la parole. « Pour moi, ce sont des génies. J’ai toujours été impressionnée par les poètes. Je m’amusais à les imaginer ».

 

Souad Massi a mis en musique des textes de poètes d’hier et d’aujourd’hui, comme Abou El Kacem El Chabbi et son Adresse aux tyrans du monde, repris par les manifestants lors des révolutions arabes, comme aussi Ahmed Matar, écrivain irakien qui a dû fuir son pays pour Londres au milieu des années 1980. « Tous ces philosophes, ces poètes ont un don. Ce sont eux la vraie richesse. Les intellectuels, les personnes lettrées sont les seuls riches. Mais, dans le monde arabe, on se méfie d’eux, on les surveille. Certains sont même envoyés dans les prisons. La poésie est faite pour nous ouvrir, nous inciter à philosopher, à réfléchir et aussi à rêver ».

 

Avec cet album aux sonorités musiques du monde, Souad Massi s’est lancée un véritable défi. Elle a tout d’abord fait appel à ses fans pour la sélection des textes. « Cette poésie est plurielle. Je voulais des styles et des époques différentes ». Elle a aussi appris à chanter les poèmes sans faute de prononciation. « L’arabe classique est particulier. C’est une très belle langue. Si on la parle mal, on peut changer le sens du mot et de la phrase. Pour moi, ce fut difficile. Heureusement, certaines personnes m’ont corrigée. Je me suis entourée de professionnels et ce fut très agréable. Il y a eu un vrai travail de recherche à effectuer ».

 

Avec cet album, Souad Massi fait découvrir une petite partie de la poésie arabe. « J’ai envie de continuer sur ce chemin. Je suis si amoureuse de cette poésie ».

  • Samedi 6 juin à 20 heures à la scène nationale de Dieppe. Tarifs : de 22 à 7 €. Réservation au 02 35 82 04 43 ou sur www.dsn.asso.fr