Spring, c’est le festival des nouvelles formes de cirque en Normandie. Il commence jeudi 5 mars, dure un mois et s’installe dans toute la région avec 60 spectacles. Au programme de cette nouvelle édition en 2020 : des créations, des portraits d’artistes, des voyages jusqu’en Australie…  Spring donne ainsi une photographie d’une discipline artistique qui n’a cessé d’évoluer de saison en saison. Explication avec Yveline Rapeau, directrice de la plateforme 2 Pôles cirque en Normandie.

Le cirque s’émancipe

Ce n’est plus à contester. Le cirque est devenu un art à part entière, autant savant que populaire. Depuis plus de trente ans, son histoire s’écrit avec des compagnies qui mélangent les genres, bousculent les codes, interrogent le monde d’aujourd’hui. C’est ce que démontre chaque année Spring. Le festival des nouvelles formes de cirque raconte un chapitre de cette histoire à chaque édition sur toute la Normandie. Le cirque se nourrit de théâtre, de danse, d’arts plastiques…  et s’invente dans divers lieux pour posséder aujourd’hui un riche répertoire. « Ce sont toutes les composantes de l’écriture qui pioche dans plusieurs vocabulaire. C’est un signe. Cela signifie que le cirque se libère, s’affranchit d’un cahier des charges pour essayer de se positionner ailleurs. Le cirque grandit », explique Yveline Rapeau.

De l’ancien aux nouveaux mondes

Spring 2020 fait passer de l’ancien aux nouveaux mondes. C’est le thème qu’a choisi Yveline Rapeau . « C’est toute l’histoire du cirque. Il est tendu entre le cirque traditionnel et la performance la plus innovante pour traverser des thématiques actuelles ». Les acrobates d’El Nucleo jouent les Éternels Idiots pour se moquer des règles qui doivent faire grandir. Dans Selve, Le GdRA dénonce les actes en Amazonie, Martin Palisse envisage le jonglage dans le futur. Le Groupe acrobatique de Tanger est toujours aussi explosif. Monki revendique la nostalgie dans Static pour échapper aux tourbillons du business. Dans Les Hauts Plateaux, Mathurin Bolze raconte les aventures humaines. Le collectif est aussi au cœur de Möbius de la compagnie XY (en photo).

Des portraits d’artistes

Ces Portraits d’artistes sont l’occasion de présenter une personnalité artistique et des auteurs qui tracent une trajectoire. Le premier parcours est consacré à trois circassiens, Matias Pilet, Stéphane Ricordel et Olivier Meyrou, qui travaillent ensemble depuis plusieurs années. Ensemble, ils vont amener vers Les Aventures d’Hektor, La Fuite et Tú. Autre portrait : celui de Jean-Baptiste André. « Il sait tout faire, rappelle Yveline Rapeau. Il est un clown qui sait donner une dimension profonde et tragique à son personnage. Lui qui était plutôt prédestiné à aller vers la danse affirme une dimension circassienne et théâtrale. Il ose se coller des défis ». Jean-Baptiste André s’empare du théâtre de Bernard-Marie Koltès, Dans La Solitude des champs de coton, dans Deal. À voir également Pleurage et scintllement, un duo danse et équilibre, Intérieur Nuit et À Brûle pourpoint qui mêlent danse et contorsion, Floé, une installation plastique.

Un regard vers l’Australie

Cette nouvelle édition de Spring lance un cycle sur les cirques des cinq continents. Jusqu’à très peu, le cirque était européen, même français, et aussi québécois avec le Cirque du Soleil, Éloize et Les 7 Doigts de la main. Toutes ces compagnies ont « fait des petits » dans tout le reste du monde. Pour ce premier voyage artistique, Yveline Rapeau donne rendez-vous avec l’Australie. Là-bas, « les artistes revendiquent un cirque d’auteur. Ils sont très forts dans les écritures et dans les manières d’aborder des sujets contemporains ». Dans Out Of Chaos, Gravity & Other myths aborde les relations humaines, les plus heureuses et les plus tourmentées. De l’amour, il en est aussi question dans You & I. Casus Circus a écrit ace spectacle après la reconnaissance du mariage homosexuel en 2017. Time in space circus célèbre l’humanité plurielle dans The Displaced. En 2021, Spring ira voir ce qui se passe en Asie.

Infos pratiques