hd-lafon_lola_lynn_ bis skLola Lafon est romancière, musicienne et chanteuse. Trois activités artistiques qu’elle mêle samedi 17 mai lors du festival Terres de Paroles. Lola Lafon est entourée de deux musiciens, Olivier Lambert et Julien Rieu de Pey pour une lecture musicale autour de son dernier roman, La Petite Communiste qui ne souriait pas. Dans ce livre, la romancière questionne notre rapport au corps et au mythe à travers l’histoire de la gymnaste roumaine, Nadia Comaneci.

 

 

 

 

 

 

Est-ce la musique qui vous a amené à l’écriture ou l’inverse ?

C’est l’écriture qui m’a amenée à la musique. En fait, j’ai toujours écrit. C’est une phrase un peu bateau mais j’écrivais quand j’étais enfant. Cependant, ce n’est pas parce que vous écrivez à 5 ans que vous devenez écrivain. L’écriture est peut-être ce qui m’a rendu sensible à la musique car j’écris en plusieurs langues.

 

Pourquoi cette volonté d’explorer diverses écritures ?

Ce n’est pas une volonté. C’est difficile à expliquer. Je suis danseuse à la base. C’est mon premier métier. Je suis donc sensible à la musique. C’est un complément naturel. A un moment de ma vie, j’ai souhaité sortir du milieu de la danse.

 

Pourquoi ?

J’avais des choses à exprimer qui ne s’exprimaient en danse et de manière collective.

 

Vous auriez pu danser un solo.

Oui mais il faut être chorégraphe. Moi, je suis interprète.

 

Ressentiez-vous comme une frustration ?

Oui, c’était comme une frustration. Quand je dansais, j’écrivais déjà beaucoup de nouvelles, des romans que je gardais. L’écriture était pour moi déjà indispensable. Tout n’est pas publiable. Ce que j’ai écrit à 12 ans n’est pas génial. Plus tard, j’ai pu publier dans des fanzines. J’avais un petit public. Puis, une de mes nouvelles est parue dans une revue littéraire. Deux ans plus tard, ce fut le premier roman.

 

Est-ce une gymnastique facile de passer d’une écriture à une autre, du roman à la chanson ?

Non, c’est difficile. C’est comme un exercice physique. Vous vous entrainez la pensée dans un cadre et vous ne pouvez pas en sortir. Je dois mettre l’une de côté pour me consacrer à l’autre. Ces dernières années, j’ai enchainé deux romans parce que j’avais envie de creuser quelque chose qui était important pour moi.

 

Allez-vous écrire maintenant des chansons ?

Je ne sais pas. Depuis janvier, je suis sans cesse en déplacement. Je n’ai pas encore entamé de réflexion.

 

Vous participez au festival Terres de Paroles pour une lecture musicale. Vous alliez écriture et musique.

C’est un moment idéal. Je n’aime pas les débats ou les rencontres autour d’un roman. Je trouve cela trop réducteur. J’aime bien associer texte et chanson qui ont pour moi un rapport. Et il y a les musiques qui constituent une bande originale du roman. Nous jouons comme n’importe quel groupe. Du coup, il peut y avoir des versions différentes.

 

Vous êtes venue il y a quelques années à l’Ephéméride à Val-de-Reuil pour une résidence d’écriture. Quels souveniez gardez-vous de ce moment ?

C’était extraordinaire. Je devais restée deux mois. Je me suis en fait incrustée pendant quatre mois. J’ai beaucoup aimé, notamment les ateliers d’écriture que j’ai pu mener dans un centre social. Je suis fan de la Normandie. Il y a des endroits touchants, romantiques comme Jumièges et Villequier. Je reviens souvent en vacances.

 

  • Samedi 17 mai à 17h30 à l’abbaye du Valasse à Gruchet-la-Valasse. Tarif : 5 €. Réservation au 02 32 10 87 07.
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