Cromwell de Victor Hugo : telle est la pièce imposée aux élèves de la classe d’art dramatique du conservatoire de Rouen pour leurs travaux de fin d’année. Ils jouent un extrait de cette œuvre de jeunesse devant le public de la chapelle Saint-Louis à Rouen.

 

Avec 7 000 vers, 70 personnages, Victor Hugo qui écrit Cromwell à 25 ans se moque bien si sa pièce sera un jour jouée sur les planches. L’objectif de l’écrivain est ailleurs : «  il veut mettre en brèche le classicisme. Il fait le constat que la nature humaine est faite de monstres et de génies. Or, on ne retrouve pas ce jeu de contrastes dans le théâtre de l’époque, trop sclérosé. Il veut ainsi revenir au théâtre ancien pour raconter le monde et reprendre le mélange des genres, comme le faisait Shakespeare », indique Maurice Attias, professeur de la classe d’art dramatique du conservatoire de Rouen.

Cromwell est le texte retenu pour les travaux de fin d’année des élèves qui joueront pendant trois jours devant un jury et un public à la chapelle Saint-Louis à Rouen. Cet homme, lord protecteur d’Angleterre, doit faire face à une conjuration. Les royalistes ne lui pardonnent pas l’exécution de Charles Ier. Pour les républicains, il n’est pas question qu’il prenne la couronne. Cromwell parvient à déjouer le complot, refuse de monter sur le trône et fait grâce aux conjurés.

Les élèves interpréteront des extraits de cette pièce pleine de pièges avec les jeux de contraires. « On rit aux larmes et on pleure de rire. Avec ce texte, il est impossible de se figer dans une seule forme, d’être une vérité d’un personnage », remarque Maurice Attias. Dans ce Cromwell, il y aura du théâtre bien évidemment, de la danse, du chant et un travail de masque effectué avec Thomas Germaine. Les comédiens joueront enfin des textes qu’ils ont écrits et mis en scène sur la nature des révoltes aujourd’hui.

 

  • Jeudi 20 juin à 19h30 à la Chapelle Saint-Louis à Rouen.
  • Spectacle gratuit. Réservation au 02 35 98 45 05.