Au point de départ de Doreen, il y a la Lettre à D. d’André Gorz. La compagnie Lieux-Dits a alors imaginé la vie d’un couple qui a choisi de disparaître ensemble. Doreen est à voir jeudi 29 mars au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux.

« Tu vas avoir 82 ans. Tu as rapetissé de 6 centimètres, tu ne pèses que 45 kilos et tu es toujours belle, gracieuse, désirable. Cela fait 58 ans que nous vivons ensemble et je t’aime plus que jamais ». Ce sont les premières phrases de la Lettre à D., écrite en 2007 par André Gorz à Dorine. Le 22 septembre de cette année, le journaliste et philosophe se suicide à l’âge de 84 ans avec son épouse, atteinte d’une maladie incurable. Par amour. Une passion qui a commencé en octobre 1947 lors d’une danse et qui ne s’est jamais éteinte.

A la lecture de cette lettre, David Geselson a été « bouleversé. Rapidement, j’ai voulu en faire quelque chose. On a commencé par le lire mais cela ne fonctionnait pas. Cette lettre est un objet littéraire sans théâtralité possible. Il n’y a pas de ressort dramatique puissant. Le couple est presque trop beau et leur histoire, puissante. Mettre en scène l’amour d’un couple n’est pas très intéressant. Mettre en scène la mort d’un amour, c’est ennuyeux. J’ai alors laissé tomber ». Mais pas définitivement. David Geselson a juste fait un détour vers une autre création En Route-Kaddish, une enquête sur son grand-père. L’auteur et metteur en scène est ensuite revenu à la Lettre à D. pour entamer des recherches documentaires sur André Gorz.

Joué jeudi 29 mars au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux, Doreen est le récit d’une vie imaginée d’une femme et d’un homme. « Nous avons mélangé celle de Dorine et André et aussi les nôtres. Nous nous sommes raconté le quotidien de notre couple, les moments de joie et les engueulades, le désir d’un enfant ». Sur le plateau, David Geselson et Laure Mathis forment ce couple. Le temps d’un apéritif, ils accueillent dans leur maison des spectateurs pour partager des moments de leur vie commune après 58 ans de vie commune. Doreen est le portrait de deux personnages qui se dessine à travers les mots et les objets qui les entourent. Il retrace les années 1970, les désillusions du communisme, la pensée de l’écologie politique dont André Gorz est l’initiateur.

 

 

  • Jeudi 29 mars à 20h30 au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux. Tarifs : de 18 à 6 €. Réservation au 02 35 97 25 41 ou sur www.lrv-saintvaleryencaux.com