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Théâtre au Volcan : Cyrano de Bergerac, “un esprit”

par | 16 février 2015 | Théâtre

photo Hervé All

photo Hervé All

Cyrano de Bergerac est un sommet théâtral. Edmond Rostand écrit, entre 1896 et 1897, 2 600 vers dans cette comédie aux accents tragiques. 2 600 vers pour raconter un homme blessé mais élégant, romantique, un héros amoureux mais laid. Cyrano est épris de Roxane, sa cousine, qui aime Christian, un très beau jeune homme. Georges Lavaudant s’est emparé de ce texte classique, valeur sûre du théâtre français, et confie le rôle de Cyrano à un comédien complice et un interprète prodigieux, Patrick Pineau. Cyrano de Bergerac est jouée du 17 au 19 février au Volcan Niemeyer au Havre. Entretien avec Georges Lavaudant.

 

 

 

Cyrano de Bergerac est un texte très connu. Mais est-ce que nous le connaissons vraiment très bien ?

J’ai le sentiment en effet que nous ne la connaissons pas très bien. Bien sûr, il y a notamment la scène du balcon inoubliable. En ce qui concerne la richesse de l’écriture, les images, nous la connaissons moins bien. Et moi le premier. Avant d’avoir travaillé sur cette pièce, j’avais en fait qu’une idée de Cyrano de Bergerac.

 

Quelle était cette idée ?

Il y a tout d’abord ce texte flamboyant et ce personnage un peu grande gueule. Je n’avais pas vu un esprit, un homme avec une douleur et une flamme, la volonté de jouir de la vie.

 

Comment avez-vous appréhendé cette pièce ?

On le dit souvent. Pour mettre en scène cette pièce, il faut un acteur en qui vous avez confiance à 200 %. Parce qu’il fait le travail à 80 %.

 

Pour vous, cet acteur était Patrick Pineau.

C’était évident. Il aime le jeu. Il est capable de jouer du Labiche, du Feydeau et du Büchner dans la même minute. C’est extraordinaire. Pour Cyrano, il faut être dans l’extravagance, dans le clownesque, dans la dépression et dans le déchirement. Il est dans la virtuosité parce qu’il est presque lui-même et qu’il peut faire cet aller-retour très rapidement. Quand j’ ai proposé ce rôle à Patrick Pineau, il s’est effrayé. Il m’a dit qu’il n’y arriverait pas.

 

Comment avez-vous réussi à le convaincre ?

J’ai fait comme si j’étais un entraineur et lui, un sportif. Avec un tel texte, il faut décomposer les choses. Si vous prenez tout d’un bloc, c’est en effet effrayant. Si vous décidez de grimper en haut de l’Himalaya, vous avancez par étape. Nous avons précédé de cette même manière. Patrick Pineau joue en effet Cyrano. Néanmoins, il n’y aurait pas de spectacle sans la présence de Marie Kauffmann qui interprète le rôle de Marie, de Gilles Arbona… Il faut une équipe qui donne une couleur aux spectacles.

 

 

 

Est-ce agréable de travailler l’alexandrin ?

Oui, c’est très agréable et 80 % de notre temps a été consacré à cela. Nous avons porté beaucoup d’attention et eu du bonheur à travailler les allitérations, les liaisons, la césure… Il fallait être irréprochable techniquement. C’est après ce travail qu’il est possible de prendre des libertés.

 

Cyrano de Bergeras est un monument théâtral avec beaucoup de personnages, de costumes, de lieux… Comment garder une sobriété ?

Cette pièce a tout d’abord été créée pour le plein air. C’est pour cette raison qu’il y a une espèce d’arbre en plein milieu du plateau. Nous avons ensuite adapté au mieux. Cependant, nous avons trouvé la meilleure énergie dans les salles.

 

Pourquoi cette pièce d’Edmond Rostand arrive seulement dans votre parcours de metteur en scène ?

Je fais partie de cette génération de 1968 à qui on a répété qu’Edmond Rostand était un auteur franchouillard, naturaliste. C’était une image caricaturale de lui. Ce n’était donc pas ma tasse de thé. Pour cette nouvelle production, on m’a proposé de chercher dans des territoires inconnus et de mettre en scène Cyrano de Bergerac. J’ai répondu : surtout pas. J’ai lu la pièce à tête reposée et l’image de Patrick Pineau m’est apparue. Ce Cyrano était alors un challenge pour nous tous.

 

  • Mardi 17 février à 20h30, mercredi 18 et jeudi 19 février à 19h30 au Volcan Niemeyer au Havre. Tarifs : de 23 à 9 €. Réservation au 02 35 19 10 20 ou sur www.levolcan.com

 

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