Théâtre : le bonheur avec les élèves du conservatoire de Rouen

par | 20 février 2015 | Théâtre

Cette année, il n’y aura pas un examen de contrôle continu en public pour les élèves de la classe d’art dramatique du conservatoire de Rouen. Mais deux. Le premier se déroule vendredi 20 février à la salle Louis-Jouvet à Rouen. Les 17 apprentis comédiens jouent Utopie #1, trois extraits de Toutaristophane de Serge Valletti.

 

Comment peut encore résonner aujourd’hui le mot utopie chez les jeunes de 20 ans ? Il résonne toujours et « c’est essentiel », pour Harold. « L’utopie nous parle parce que nous en avons tous entendu parler en cours. Nous avons étudié Thomas More. C’est essentiel en effet si on veut créer. Comme nous vivons dans un monde qui n’est pas parfait, cela nous permet de nous projeter ». Les 16 autres élèves de la classe d’art dramatique du conservatoire de Rouen partagent les propos de Harold. « Notre jeunesse fait que nous croyons encore en des utopies et que nous voulons les défendre », poursuit Arthur.

 

L’utopie, tel est le thème retenu pour les travaux de la classe d’art dramatique du conservatoire de Rouen par Maurice Attias. Ce n’est pas un hasard en ces instants troublés, ces moments où la culture est malmenée. « A la dévaluation de la pensée, à l’étroitesse d’esprit, il faut répondre par le théâtre », remarque l’enseignant et metteur en scène.

 

Le théâtre, c’est celui de Serge Valletti. Maurice Attias et ses apprentis comédiens travaillent sur Toutaristophane. Un texte dans lequel l’auteur traduit et adapte les écrits d’Aristophane. Pour cette première partie d’examen, les élèves interprètent des scènes de Cauchemars d’hommes (L’Assemblée des femmes), de L’Argent (Ploutos) et de La Stratégie d’Alice (Lysistrata). Trois pièces pour aborder les trois thèmes qui font le plus parler aujourd’hui, le pouvoir, l’argent et le sexe.

 

Trois pièces

Dans cette Utopie #1, il est question d’un coup d’état des femmes qui imposent leurs mesures sociales et politiques, de l’argent aveugle et sans odeur et de l’abstinence sexuelle décrétée par la gente féminine à des hommes qui s’obstinent à faire la guerre. Serge Valletti écrit en toute liberté, emploie une langue crue et triviale. « C’est très rabelaisien », note Maurice Attias. Pour les apprentis comédiens, porter cette écriture sur un plateau est très jouissif. « C’est très accrocheur et on plonge dans cette œuvre très facilement », commente Arthur. « Après avoir travaillé sur la cruauté l’an passé, nous sommes là dans une humeur de joie. C’est un vent frais », ajoute Dorine. Pour Aïssam, « il ne faut pas rester dans une attitude grivoise. Cela a peu d’intérêt et devenir un piège ».

 

Maurice Attias a demandé à ses élèves de « jouer sur plan amoureux. Nous ne sommes pas dans un meeting. Ce n’est pas un manifeste. Il faut improviser sur ce que serait le bonheur ». Les 17 apprentis comédiens se retrouvent dans une rue. Ils passent et repassent, cherchent et vont vers ce bonheur.

 

Prochain volet de Utopie avec de nouveaux extraits de Toutaristophane de Serge Valletti : les 10, 11 et 12 juin prochains au théâtre des Deux Rives à Rouen. Ce sera l’examen de fin d’année pour les 17 élèves.

 

 

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