Première création de la saison du Chat foin : Légendes de la forêt viennoise de Horváth est une tragi-comédie populaire sur un monde en dérive. Yann Dacosta, metteur en scène, s’en empare avec gourmandise et délicatesse.

Le Beau Danube bleu traverse les Légendes de la forêt viennoise d’Horváth. La valse de Johann Strauss, fils, revient comme une petite ritournelle. Pas toujours pour annoncer ou accompagner des événements joyeux. Pablo Elcoq, toujours bien inspiré, a écrit des variations, plus ou moins brutes, d’une partition qu’il joue avec Pauline Denize et qui marque les étapes d’un monde qui part à la dérive.

Légendes de la forêt viennoise, une pièce créée par Le Chat foin jusqu’au 20 octobre au CDN de Normandie Rouen, raconte un drame intime dans une province, proche de Vienne, des années 1920 prête à accueillir toutes les idées les plus extrêmes. Horváth décrit avec une grande acuité la réalité d’un monde effroyable, absurde en pleine crise idéologique. Comme souvent, une crise en amène une autre : la croissance économique connaît une terrible chute et impacte la vie sociale. Alors chacun a sa propre interprétation des choses et tente de rester debout.

Sans idéaux et sans illusions

Ce ne sera pas simple. L’histoire d’amour raté entre Marianne et Alfred va entraîner un séisme dans la micro-société de Horváth. Le spectacle, à la distribution inégale, qui commence dans la joie et dans un lieu pittoresque se termine dans la noirceur.  Le metteur en scène, Yann Dacosta, joue habilement avec les codes du théâtre populaire et de l’opérette. Des rideaux, des façades de boutique en carton-pâte, un large escalier juste pour situer les scènes. Ce sont les couleurs primaires, les lumières qui dessinent les ambiances. Le théâtre, le jeu font tout le reste.

Dans Légendes de la forêt viennoise, les masques tombent très vite. Le bonheur est absent. Les illusions se sont envolées. Tout comme les bons sentiments. Les personnages n’ont plus d’idéaux. Ils sont égoïstes, matérialistes, cruels, parfois vulgaires. L’alcool et la bêtise aidant, ils ne peuvent plus faire semblant. Alors, ils ne cessent de déraper et de laisser aller leurs propres pulsions. Ils en deviennent des monstres indéfendables qui suscitent un rire grinçant.

Les dates

  • Jeudi 19 et vendredi 20 octobre au théâtre de La Foudre à Petit-Quevilly. Tarifs : 18 €, 13 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 70 22 82 ou sur www.cdn-normandierouen.fr
  • Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du jeudi 19 octobre.
  • Mercredi 8 novembre à 19h30 et jeudi 9 novembre à 20h30 au Trident à Cherbourg. Tarifs : de 21 à 6,50 €. Réservation au 02 33 88 55 55 ou sur www.trident-scenenationale.com
  • Mercredi 15 novembre à 20h30 à la scène nationale 61 à Alençon. Tarifs : de 20 à 3 €. Réservation au 02 33 29 16 96 ou sur www.scenenationale61.com
  • Jeudi 23 novembre à 20 heures à la scène nationale de Dieppe. Tarifs : de 23 à 10 €. Réservation au 02 35 82 04 43 ou sur www.dsn.asso.fr
  • Mardi 28 novembre à 20h30 au Préau à Vire. Tarifs : 15 €, 10 €. Réservation au 02 31 66 66 26 ou sur www.lepreaucdn.fr
  • Jeudi 7 décembre à 20 heures au théâtre du Grand Forum à Louviers. Tarifs : de 16 à 5 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 29 63 32 ou sur www.letangram.com
  • Mardi 12 et mercredi 13 décembre à 20 heures à la Comédie de Caen. Tarifs : de 26 à 15 €. Réservation au 02 31 46 27 29 ou sur www.comediedecaen.com