C’est un voyage dans une mémoire. Celle d’une femme qui revient sur son histoire familiale. La pièce, MayDay, écrite par Dorothée Zumstein et mise en scène par Julie Duclos, est présentée mercredi 1er et jeudi 2 février au CDN de Normandie Rouen.

 

photo Calypso Baquey

Dans cette famille, il y a un secret. « Cela trace des lignes chez les générations qui suivent. Nous sommes faits de ce que nous ne connaissons pas et de ce qui est inconscient. Tout est inscrit dans notre corps ». Dans son travail, Julie Duclos fait apparaître l’invisible. « Le théâtre a une puissance d’évocation », rappelle la metteure en scène. Pour ressentir ce qui ne peut se voir ou se nommer, il y a eu les improvisations. « La comédienne a dû mémoriser tout cela. Quand le public la regardera, il sera sensible à cette chose invisible. Parce qu’on ressent tout cela. Au-delà de tout ce qui se montre, il faut donner à sentir ».

 

MayDay, créé mercredi 1er et jeudi 2 février au CDN de Normandie Rouen, est une pièce remplie de mystères. C’est une histoire de femmes qui appartiennent à trois générations différentes. Mary se raconte, fait ressurgir les figures de son enfance et se bat avec ses fantômes. Au centre de ce récit, il y a la mère, Betty, énigmatique. Sans oublier la grand-mère, Alice qui ne comprend pas sa propre fille.

 

Mayday est une pièce de théâtre de Dorothée Zumstein. Pour l’écrire, l’auteure s’est inspirée d’un fait divers. En 1968, à Scotswood, une ville du nord de l’Angleterre, une fillette de 11 ans assassine deux garçons de 3 et 4 ans. Elle est jugée, comme une adulte, condamnée. A sa sortie de prison, elle change d’identité pour mener une vie paisible. La voilà, à 40 ans, sur un écran géant, en train de répondre à une interview, fil rouge de ce spectacle.

 

Julie Duclos a été tout d’abord séduite par la langue de Dorothée Zumstein. « J’ai beaucoup aimé la façon dont elle fait parler les personnages. Il y a une vraie énergie dans son écriture. Son rythme est proche de celui de la vie. Dorothée Zumstein a composé son œuvre comme une musique. Elle est très fragmentée ». D’où l’importance des corps. « Le texte arrive au bout de la chaîne. En fait, il dit seulement un dixième de tout ce qui se passe ». Sur scène, Mary déroule un monologue intérieur ponctué d’énigmes, brise la fatalité. Comme un appel au secours. Il faudra attendre la fin pour tout comprendre. C’est la grand-mère qui va délivrer le secret.

 

  • Mercredi 1er et jeudi 2 février à 20 heures au théâtre de La Foudre à Petit-Quevilly. Tarifs : 14 €, 9 €. Réservation au 02 35 03 29 78 ou sur www.cdn-normandierouen.fr
  • Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du jeudi 2 février.