C’est une satire, une pièce grinçante sur les travers humains. Le Théâtre des Lucioles fait de Dans La République du bonheur de Martin Crimp, une comédie théâtrale et musicale complètement déjantée. C’est jeudi 24 et vendredi 25 mars au CDN de Normandie Rouen. Gagnez vos places pour la représentation du 25 mars en écrivant à relikto.contact@gmail.com

 

photo Christophe Raynaud de Lage

photo Christophe Raynaud de Lage

Dans La République du bonheur ou vers la dictature du bonheur ? Dans son livre, Martin Crimp, dramaturge anglais à la plume alerte, pose la question du bonheur ensemble et aborde le sujet de l’uniformisation, imposée par la mondialisation. Il décline cette thématique dans trois groupes à différentes échelles. Le Théâtre des Lucioles est le premier à porter à la scène la version française de cette histoire, traduite par Philippe Djian et créée à Lyon la saison dernière.

 

« Martin Crimp écrit un théâtre politique. Dans cette pièce, il décrit un monde qui n’est pas vraiment celui que l’on voudrait qu’il soit. Il se demande ce qu’est le bonheur. Est-ce l’accomplissement de soi qui peut se faire au détriment de l’autre ? Est-ce l’idée de la société de consommation qui semble combler nos besoins ? Néanmoins, cette idée de bonheur, nous l’avons perdue en route », affirme Marcial di Fonzo Bo, co-metteur en scène avec Elise Vigier.

 

Pour le directeur de la Comédie de Caen, centre dramatique national de Normandie, la pièce de Crimp résonne étrangement chez le Théâtre des Lucioles. « Ce texte renvoie également à notre histoire. Nous menons un travail collectif depuis vingt ans. Bien évidemment, cette pièce fait écho à l’intérieur de notre compagnie. Elle nous oblige à nous poser des questions. Et le théâtre me fascine lorsqu’il peut proposer au public des clés pour penser ».

 

En trois actes

Dans La République du bonheur est une comédie grinçante en trois parties. La première, « drôle mais très classique », raconte une fête de Noël dans une famille. Tout se passe joyeusement jusqu’à ce que l’oncle et sa compagne arrivent pour annoncer leur prochain départ vers une destination inconnue. C’est le bon moment pour s’envoyer quelques fleurs pleines d’épines, de régler quelques comptes… Oncle Bob qui n’avait pas été invité explose le nœud familial.

 

« Dans la deuxième partie, Crimp ne donne plus d’indications. Il ne précise pas qui doit dire quoi. La forme comporte le propos. C’est génial mais c’est une grande responsabilité », explique Marcial Di Fonzo Bo. Les comédiens portent alors les mêmes costumes. Dans ce collectif, chacun veut être unique mais ne peut évoluer sans le groupe. « Nous nous retrouvons comme dans une salle de répétition avec des miroirs qui reflètent les acteurs. C’est presque un amphithéâtre grec. Là, la représentation est remise en question ».

 

Quant à l’acte III, il est, semble-t-il, le plus énigmatique. « Le langage n’a plus de valeur. Il ne sert plus à rien. On se retrouve à un endroit banal collectif qui serait la République du bonheur ». Tout est fait pour vivre de manière pratique. Et le bonheur dans tout ça ?

 

Avec cette histoire qui commence comme un jeu de massacre, la troupe de Marcial di Fonzo Bo et Elise Vigier plonge dans un humour noir qu’il leur va si bien. Ces comédiens à l’imagination débordante jouent, chantent, dansent et créent des scènes, aussi folles qu’absurdes. « L’acteur est pour nous au cœur de la création. C’est le moteur. Nous avons toujours aimé ce théâtre engagé, physique. La prise de parole devient comme un endroit de résistance ».

 

 

  • Jeudi 24 et vendredi 25 mars à 20 heures au théâtre de La Foudre à Petit-Quevilly. Tarifs : 18 €, 13 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 35 03 29 78 ou sur www.cdn-hautenormandie.fr
  • Rencontre avec l’équipe artistique à l’issue de la représentation du vendredi 25 mars