Rumeur et petits jours, c’est une émission de radio de cinq chroniqueurs qui dérapent. Le Raoul Collectif, toujours aussi drôle, revient sur la thématique du collectif dans cette nouvelle création jouée mardi 5 décembre au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray, jeudi 7 décembre au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux et dimanche 9 décembre au Tetris au Havre.

Ils s’appellent Jules, Robert, Jean-Michel, Claude et Jacques. Ils ont des coiffures que l’on ne voirtplus, portent des pulls avec un col roulé ou des chandails sans manches sur une chemise. Ils parlent parfois de manière précieuse, fument, boivent du vin rouge. Ce sont des hommes d’une autre époque. Celle de la décennie 1970. Pour le Raoul Collectif, « C’est un moment charnière en terme politique. On assiste aux premières victimes de l’idéologie libérale. Thatcher, Reagan vont arriver au pouvoir. Et on connaît les premières déconstructions de l’état providence ».

Rumeur et petits jours est une émission avec cinq chroniqueurs. Avant de prendre l’antenne pour la 347e fois, Jules, Robert, Jean-Michel, Claude et Jacques apprennent qu’ils donneront une dernière prestation. Une décision des actionnaires. Leur projet d’évoquer la beauté n’est plus du goût des propriétaires de la station. Pour le groupe, c’est le moment de se lâcher sur les dérives de la société, sur la pensée unique… et sur ses petits camarades. Chacun règle ses comptes en public. C’est drôle, grinçant et très politique.

Ces présentateurs, tous des résistants ? « Ils le sont mais ils tombent dans le piège des actionnaires. Ils se divisent, se tirent dans les pattes et s’entretuent. C’est la discorde parce que certains voudront sauver leur peau. Ils vont pourtant tenter de proposer un plan B mais ce sera un repli dans le désert ». Pendant l’émission, les cinq hommes vont convoquer Tina, un personnage féminin pour rappeler la fameuse phrase de Margaret Thatcher : There is no alternative. Selon la Dame de fer, il n’y a que le libéralisme pour résoudre la crise économique.

Le groupe est une utopie

Pour écrire Rumeur et petits jours, une pièce jouée trois fois cette semaine en Normandie, le Raoul Collectif s’est inspiré de l’émission Le Masque et la plume et a retenu un des coups de gueule de Jean-Louis Bory. Les chroniqueurs « avaient tous une sacrée gouaille, une façon de parler et de s’écouter. C’est très différent aujourd’hui : tout est plus rapide. On a moins le temps de la construction de la pensée. Cette évolution est très intéressante ».

La vie du groupe est la thématique récurrente des créations du Raoul collectif. N’est-elle plus qu’une utopie ? « C’est la question que l’on pose. L’émission de radio un prétexte théâtral à parler de ce sujet. Pourquoi est-ce compliqué de vivre dans un groupe aujourd’hui ? Pourquoi est-il mis à mal ? Comment un groupe peut s’opposer à l’individualisme ? C’est pour nous une utopie et une forme de résistance ».

Rumeur et petits jours a un décor des années 1970 pour encore mieux parler d’aujourd’hui. « Le monde dans lequel nous vivons n’est pas tombé du ciel. C’est pour cette raison que nous faisons venir la parole de Thatcher ». C’est une histoire de bataille des idées, des mouvements de pensée. Pour le Raoul Collectif, le combat n’est pas terminé.

 

 

  • Mardi 5 décembre à 20h30 au Rive gauche à Saint-Etienne-du-Rouvray. Tarifs : de 15 à 8 €. Pour les étudiants : carte Culture. Réservation au 02 32 91 94 94.
  • Jeudi 7 décembre à 20h30 au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux. Tarifs : de 18 à 6 €. Réservation au 02 35 97 25 41 ou sur www.lrv-saintvaleryencaux.com
  • Samedi 9 décembre à 20h30 au Tetris au Havre. Tarifs : de 21 à 15 €. Réservation au 02 35 19 00 38 ou sur http://letetris.fr