C’est une pièce colorée. Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux, mis en scène par Philippe Calvario, est un moment de théâtre réjouissant. La compagnie Saudade la joue vendredi 2 février au rayon vert à Saint-Valery-en-Caux.

La pièce est traversée par une variation de la chanson de Serge Gainsbourg, Je t’aime, moi non plus. Une parenthèse sensuelle et éthérée pour adoucir une atmosphère quelque peu électrique. Il faut dire que les protagonistes l’ont bien cherché. Ils se prêtent à un jeu qui aurait pu mal se terminer. Marivaux (1688-1763) en a décidé autrement dans Le Jeu de l’amour et du hasard. L’auteur va jusqu’à s’amuser à bousculer les codes amoureux et les ordres établis tout en portant un regard bienveillant sur les femmes. A la fin, il réunit les deux amoureux.

Dans cette farce, écrite en 1730, Silvia, la fille d’Orgon, ne veut pas épouser son prétendant, Dorante, sans le connaître et tester un peu son cœur. Elle a certes l’intention d’épouser un homme mais seulement par amour. Pour cela, elle décide d’enfiler les habits de sa femme de chambre, Lisette. Dorante, choisi par le père de Silvia, a la même idée : il fait un échange avec son valet, nommé Bourguignon. Ce qui crée de véritables quiproquos et des situations rocambolesques. Le tout se déroule entre les extravagances de Lisette et Bourguignon et sous les yeux amusés d’Orgon et de son fils, Marco.

Philippe Calvario signe une mise en scène rafraichissante et pleine de fantaisie de ce Jeu de l’amour et du hasard et campe un Dorante empreint de sensibilité. La troupe évolue dans un décor semblable à un vieux grenier rempli de vieux coffres, de chaises, de fauteuils, de poupées… Un lieu propice aux jeux de cache-cache et à la comédie pour des maîtres-valets plein de gravité et des valets-maîtres, débordant d’énergie et de légèreté.

 

 

  • Vendredi 2 février à 20h30 au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux. Tarifs : de 18 à 6 €. Réservation au 02 35 97 25 41 ou sur www.lrv-saintvaleryencaux.com