Le collectif In Vitro s’empare de deux œuvres de Tchekhov. Mélancolie(s) mêle Les Trois Sœurs et Ivanov pour décrire un monde empreint de désillusions. C’est jeudi 22 février au Rayon vert à saint-Valery-en-Caux.

photo Pascale Fournier

Ce n’est pas un nouvel épisode de la grande saga familiale Des Années 70 à nos jours. « C’est néanmoins la suite à notre interrogation sur l’écriture théâtrale. Dans le troisième volet de cette série, nous avions préféré une écriture de plateau. Cette fois-ci, nous avons eu envie de revenir avec cette expérience à une langue ». Julie Deliquet a choisi celle de Tchekhov. « Nous avons gardé ses mots. Avant de jouer, il a fallu les éprouver pour les intégrer. Ils sont passés à la moulinette de l’improvisation. Les mots de Tchekhov sont devenus les nôtres ».

Mélancolie(s), joué jeudi 22 février au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux, est une adaptation de deux œuvres du dramaturge russe, Les Trois Sœurs et Ivanov. L’histoire : dans une petite ville de province, Sacha fête son anniversaire sous un beau soleil. La famille marque ainsi la fin du deuil du père, survenu un an auparavant. Est-ce aussi le début d’une nouvelle vie ? Cette fête réunit Louis, Nicolas, deux anciens amis du père, l’épouse du second, Anna. Pour Nicolas, le soleil ne brille pas tant que cela. Sa femme est malade, son entreprise connaît des difficultés et l’argent commence à manquer. Pourtant Sacha sera vite séduite par cet homme très mélancolique.

Entre deux mondes

Mélancolie avec s parce qu’elle est différente dans les deux pièces de théâtre de Tchekhov. « Dans Ivanov, on est plus dans la dépression. Il y a un caractère maladif. Aucun combat n’est possible. Dans Les Trois Sœurs, on est davantage dans une mélancolie douce. Cela n’empêche pas de faire la fête, de boire… Dans un tel contexte, autant brûler la chandelle par les deux bouts ». D’autant que le monde est en train de basculer. « Tchekhov a toujours eu un côté visionnaire. C’est très intéressant de se tourner vers lui aujourd’hui parce qu’il parle de nous ».

Comme dans toutes les fêtes, cet anniversaire est une occasion d’aborder quelques sujets philosophiques, de parler du temps qui passe, des rêves qui ne cessent de s’effacer, des espoirs qui s’envolent… « Cette mélancolie de tous les jours est exprimée, jouée, partagée. Comme aujourd’hui. Elle devient une forme de résistance. La vie est difficile et on se bat pour conserver ce que l’on possède ».

 

 

  • Jeudi 22 février à 20h30 au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux. Tarifs : de 18 à 6 €. Réservation au 02 35 97 25 41 ou sur www.lrv-saintvaleryencaux.com