L’Omnia à Rouen a 4 ans. Un anniversaire que le cinéma fête avec des réalisateurs. Lundi, il a accueilli Thomas Cailley, réalisateur d’un film multi genre, Les Combattants, avec Adèle Haenel et Kevin Azaïs.

 

ciné combattantsThomas Cailley est un garçon heureux. Même si « ce n’est pas un état normal chez moi. Je suis un perfectionniste donc je ne suis jamais content ». Heureux parce que son premier film, Les Combattants, a été bien reçu tout d’abord à la Quinzaine des réalisateurs, puis lors de festivals, des différentes avant-premières et à sa sortie. Heureux aussi parce que « le film que je voulais est là. Le court métrage est un geste. Tout va très vite. Avec le long, c’est différent. A la fin de la post-production, je me suis rendu compte que j’avais réussi à garder la ligne que je mettais fixer ».

 

Une ligne certes sinueuse mais cohérente. Dans Les Combattants, Thomas Cailley mélange les genres (comédie sentimentale, film catastrophe…) pour explorer une question existentielle. « Je me suis demandé quel sens on peut accorder à sa vie dans une époque chahutée ». Le réalisateur a évité cet écueil : le portrait d’une jeunesse désabusée qui a été tant vu. « Ces jeunes ont des pulsions, des désirs. Ils tentent des choses et peuvent se planter. C’est comme cela que l’on avance ».

 

Pour aborder ce thème, Thomas Cailley confronte deux personnages, Madeleine et Arnaud qui éprouvent les mêmes sentiments, les mêmes angoisses mais les expriment de manière opposée. « Arnaud est dans l’instinct de conservatoire. Il reproduit ce qu’il sait faire. Quant à Madeleine, elle est dans un instinct de guerre. Elle a une pulsion quasi suicidaire ». Il est l’eau, elle est le feu. Ils vont pourtant avancer ensemble dans leur quête. Ils vont grandir ensemble. « Ce qui s’échange entre eux, c’est le plein et le vide. Elle est dans une économie de plein. Il faut que toute sa vie soit remplie, intense. Arnaud, lui, est capable d’attendre, de prendre la vie comme elle vient ». Ils vont tenter de gravir des montagnes, de s’apprivoiser. Arnaud porte un regard tendre sur Madeleine qui parvient à accepter ce qu’elle veut devenir être et à admettre ce garçon, parfois naïf, dans son délire et dans son cœur. C’est un début de réconciliation avec eux-mêmes.

 

Les Combattants, c’est aussi un duo d’acteurs formidables et touchants qui pourrait presque voler la vedette à un scénario bien construit. On connaît le talent d’Adèle Haenel, avec ses gestes élégants et brutaux, son regard si complexe. On découvre celui de Kevin Azaïs, si spontané et plein de candeur. Thomas Cailley peut en effet être heureux parce qu’il réussit à faire avancer son film, à le transformer en même temps que ses personnages.

 

 

 

Prochain rendez-vous à l’Omnia à Rouen :

  • mercredi 27 août à 20 heures avec Patric Chiha, réalisateur de Boys like us.
  • mercredi 3 septembre à 20 heures avec de Marie Amachoukeli, réalisatrice de Party Girl
  • dimanche 14 septembre : projection de Mange tes morts de Jean-Charles Hue
  • lundi 15 septembre à 20 heures : débat avec Céline Sciamma, réalisatrice de Bande de filles
  • dimanche 21 septembre à 11 heures : projection de Whisplash réalisé par Damien Chazelle