C’est une tout jeune formation avec des artistes très talentueux. Fondé juste avant l’été, l’Ensemble Jupiter réunit Thomas Dunford, fabuleux luthiste, la mezzo Léa Desandre, révélation artiste lyrique des Victoires de la musique classique 2017, Pierre Gallon ou Jean Rondeau, clavecin, Bruno Philippe, violoncelle… Pour le concert vendredi 28 septembre à la chapelle Corneille à Rouen, l’Ensemble Jupiter présente un programme 100 % Vivaldi avec des extraits de Bajazet, Juditha triumphans, Il Farnace, Ottone in Villa, Olimpiade, Griselda, Nisi Dominus, deux concertos pour violoncelle en sol mineur et pour luth en ré majeur. Entretien avec son fondateur, Thomas Dunford.

Quand on parle de Jupiter aujourd’hui, on pense surtout au président de la République. Pourquoi avez-vous choisi ce nom pour votre ensemble ?

Nous avons choisi ce nom bien avant que le président soit surnommé de cette manière. J’ai toujours aimé la mythologique grecque et je suis un passionné d’astronomie. Pour la formation, je voulais un nom connu par tous. J’ai fait le tour du système solaire et nous sommes dit que Jupiter était un nom facile à retenir. De plus, c’est une très belle planète.

Qu’est-ce qui a motivé la création de cette formation ?

Je suis musicien depuis une dizaine d’années. Pendant tout ce temps, j’ai pu faire de belles rencontres. Jean Rondeau, notamment, est comme un frère, pour moi. Nous avons des affinités musicales très fortes. Jupiter a pour objectif de faire vivre la musique ancienne. Avec les musiciens, nous voulons la jouer comme des musiciens de jazz. Pour cela, il faut s’écouter et être dans le partage.

Comment faire vivre la musique ancienne lorsque l’on a 30 ans ?

Avec le plus d’honnêteté et de passion possible. Nous sommes tous de grands amoureux de la musique ancienne. parfois, elle peut avoir un côté guindé si on n’y prend pas garde. Pour la rendre plus actuelle, il faut la comprendre.

Que voulez-vous dire ?

En musique, il y a un côté mathématique que l’on apprend. Une harmonie suppose une dynamique logique. Il faut donc poser les bases afin que cette harmonie se transforme en image. Il n’y a jamais une vérité mais le principe est logique. Il est nécessaire de le comprendre.

Quelle est la part d’émotion ?

Les deux fonctionnent ensemble. La structure musicale permet à une émotion de passer. L’harmonie a une base. Ce sont des règles. Et, dans ce cadre, nous sommes libres et nous pouvons improviser.

Qu’est-ce qui vous a amené au luth ?

Mes parents jouent tous les deux de la viole de gambe. Un jour, j’ai suivi un stage de musique où j’ai pris un cours de luth. J’ai tout de suite adoré. J’aime beaucoup la résonance, la subtilité de  cet instrument. Le luth permet d’avoir un contact direct avec lui et il incite à improviser.

À Rouen, vous jouez un répertoire uniquement dédié à Vivaldi. Pourquoi ?

Je me suis dit que cette musique peut être moderne et actuelle si on l’interprète avec intensité. La musique de Vivaldi est très connue. On en a entendu de nombreuses version. C’est l’occasion de faire vivre cette musique avec des gens qui s’écoutent. À Rouen, ce sera dans la chapelle Corneille, un beau lieu avec une bonne acoustique et très inspirant.

 

Infos pratiques

  • Vendredi 28 septembre à 20 heures à la chapelle Corneille à Rouen.
  • Tarifs : de 21 à 10 €. Pour les étudiants : carte Culture. 
  • Réservation au 02 35 98 74 78 ou sur www.operaderouen.fr