Tous à l’opéra !, c’est dimanche 13 mai. L’Opéra de Rouen Normandie consacre cette nouvelle édition à Marcel Duchamp. Au programme : des concerts, des performances, des projections de films et la création d’un opéra parlé, Échecs opératiques, écrit et récité par David Christoffel, accompagné par le pianiste Nicolas Horvath.

David Christoffel aime les explorations musicales. Homme de radio, écrivain, il est également l’auteur de plusieurs opéras parlés. Une occasion pour lui de repenser l’art lyrique. « Je ne suis pas dans la provocation. Je dépouille l’opéra de son lyrisme pour mieux le réinventer. Je fais venir le lyrisme autrement : dans le texte, dans l’expression. Je souhaite juste aller jusqu’au bout d’une logique. Est-ce que la présence de la poésie et de la musique fait opéra ? Chacune doit repousser ses frontières. Ce qui conduit à redéfinir l’art pour le faire ». Une démarche proche de celle de Marcel Duchamp.

Duchamp justement… C’est à cet artiste originaire de Rouen, mort il y a tout juste 50 ans, que rend hommage l’Opéra de Rouen Normandie dans le cadre de Tous à l’opéra !. Pour ce rendez-vous national annuel qui se tient dimanche 13 mai. David Christoffel crée Échecs opératiques, un nouvel opéra parlé. Là, il imagine des rencontres entre les pièces des échecs et quelques personnages plus ou moins connus de l’histoire de l’opéra. Ce qui intéresse davantage l’auteur dans cet exercice, c’est « le jeu des combinaisons. Les échecs permettent cela. Je me suis alors inspiré des manuels d’échecs. Je prends une phrase d’un traité et je lui porte un sens narratif. Jamais je n’ai voulu céder à la facilité du jeu pour le jeu. Chaque phrase est une adhésion avec son sens ».

« Étirer la pensée »

Dans Échecs opératiques, pas de narration mais des questions philosophiques, « un tunnel de considérations existentielles ». Un thème en amène un autre. « La durée renvoie sur la pulsion, puis sur la nécessité d’élévation, la prophétie » ou l’attente amène à la volonté de surprise, l’irrationnel… « Dans cette écriture, particulière pour moi, rien n’est gratuit. Je dois remplir beaucoup de place. Ce qui me permet d’étirer la pensée. C’est une écriture hyper rythmique parce qu’il y a beaucoup de répétitions. Elle est faite de punchlines, de phrases très courtes qui disent beaucoup. On est proche du hip-hop ».

En tout 4 heures d’opéra parlé pour raconter néanmoins une histoire. Celle de « deux gars qui passent par des sentiments contraires », confie David Christoffel. Elle est narrée par l’auteur sur Vexations d’Erik Satie, interprété par Nicolas Horvath. C’est une partition composée entre janvier et juin 1893 et jouée pour la première fois par John Cage en 1963. Sa particularité : elle est répétée 840 fois. Pour l’interprétation, Erik Satie recommande dans sa Note : « il sera bon de se préparer au préalable, et dans le plus grand silence, par des immobilités sérieuses ».

Le programme de Tous à l’opéra !

  • Dans la grande salle : Échecs opératiques, opéra parlé par David Christoffel et Nicolas Horvath
  • Dans la salle André-Cabourg : Ghost Room, Poèmes de la fille née sans mère et A Cappella, trois performances dansée, chantée et musicale
  • Dans le foyer des musiciens : Solo PPP, récital de piano par Antoine Berland
  • Dans la salle Erik Satie : atelier de pratique artistique
  • Dans les salons Carmen et Figaro : projection de films surréalistes Anemic Cinema de Marcel Duchamp, Entr’Acte de René Clair, Un Chien andalou de Luis Buñuel, Le Ballet mécanique de Fernand Léger, Emak Bakia de Man Ray
  • Dimanche 13 mai de 14 heures à 18 heures à l’Opéra de Rouen Normandie. Entrée libre et gratuite