Arnaud Marzorati ne craint pas le diable. Il va même jusqu’à le chanter. Pour l’ouverture de la saison de l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie, lundi 30 septembre, le baryton interprète La Salsa du diable, un répertoire de chansons essentiellement du XIXe siècle.

 

arnaud-marzorat bisi - copieLe répertoire baroque, classique, romantique, Arnaud Marzorati le connaît et l’aborde avec aisance. Depuis quelques années, le baryton qui aime raconter des histoires parcourt celui des chansonniers. C’est la lecture de Balzac, de Dumas et de Chateaubriand qui l’a amené sur ce territoire de l’art vocal populaire peu exploré. Arnaud Marzorati s’intéresse à Béranger, puis à Nadaud, à tous ces artistes qui utilisaient ce médium comme vecteur de messages forts contre la bourgeoisie bien installée et contre le pouvoir. « C’était une manière de se détourner des interdits », remarque Arnaud Marzorati.

Pour l’ouverture de la saison de l’Opéra de Rouen/Haute-Normandie, le chanteur plonge avec délice dans l’univers du diable. Dans La Salsa du diable, «  je suis resté centré sur le XIXe siècle, même si on va aussi dans d’autres époques. Il y a le plaisir d’aborder des écritures, des thématiques qui ont un rapport avec la musique classique pour s’en éloigner et aller dans des univers parallèles et perpendiculaires ».

Arnaud Marzorati convie ainsi à « un voyage dans diverses époques » où la figure du diable ne cesse d’évoluer. « Au XVIIIe siècle, on s’en amuse. Au XIXe, on le fantasme à nouveau parce qu’il est utilisé pour faire peur. Quand on parle du diable, il y a un rapport évident avec la religion. Le diable reste l’ange déchu. Béranger critique la religion dans La Mort au diable. Ignace, lui, utilise cette figure pour écrire une satire sociale ».

Dans ce vaste répertoire, Arnaud Marzorati a une fascination Pour L’Enfer de Dante et aussi La Fin de Satan de Victor Hugo. « Mon plaisir vient des écritures, du mouvement de  la langue. Cela permet de comprendre ce qu’était la manière d’écrire et de mettre en valeur la langue française ».

Des mots chantés par Arnaud Marzorati et une musique interprétée par David Venitucci, accordéon, et Joël Gare, percussions. Un trio qui laisse une place à l’improvisation. Dans cette salsa d’inspiration diabolique, il se « laisse emporter par le feu contenu dans cette musique ».

 

  • Lundi 30 septembre à 20 heures au Théâtre des Arts à Rouen.
  • Tarif : 20 €. Réservation au 02 35 98 74 78.

 

Lire également la présentation de saison : www.relikto.com/une-nouvelle-saison-a-lopera

Plus d’infos sur www.operaderouen.fr et sur www.arnaud.marzorati.free.fr