La compagnie de La Jeunesse aimable raconte l’histoire de Galilée. Inspiré de La Vie de Galilée de Brecht, ce spectacle raconte la liberté de parole et la résistance. Après une résidence au Tangram, la troupe de Lazare Herson-Macarel crée Galilée jeudi 14 et vendredi 15 novembre au théâtre Legendre à Évreux.

Désobéir

Galilée clôt un triptyque entamé avec Falstaff de Valère Novarina, puis avec Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand. Trois pièces et trois personnages, d’une même époque, qui sont « des figures de la libre pensée, du refus des dogmes ». Lazare Herson-Macarel fait ainsi du théâtre « une école de la désobéissance, de la liberté » à un moment de basculement. Galilée a connu ce moment charnière en apportant la preuve des avancées de Copernic et en démolissant la thèse d’Aristote. « Il ose s’élever face à 2 000 ans d’astronomie. Aujourd’hui, aussi, nous sommes à une époque charnière. La révolution doit se faire maintenant sur les problématiques écologiques et climatiques. Nous savons que notre rapport au monde doit changer ».

Une libre lecture

Pour ce Galilée, créé, après une résidence, les 14 et 15 novembre au Tangram à Évreux, Lazare Herson-Macarel, s’est souvenu de ses lectures de La Vie de Galilée de Brecht. « Ce n’est pas une adaptation mais une tentative de réécriture à la lumière de ce nous vivons aujourd’hui, entre une crise économique et une remise en cause du capitalisme ». Pour éviter tout manichéisme, l’auteur et metteur en scène a choisi une dimension intime. « Les révolutions se font toujours à l’intérieur de soi avant de se faire à l’extérieur ».

Galilée, un anti-héros

La compagnie de La Jeunesse aimable raconte trente années de combat d’un homme qui a travaillé à Padoue, Rome, Florence et en fait passé sa vie à échouer. « Galilée est le Don Quichotte de la science ». Pourtant, c’est lui qui va affirmer que la terre n’est pas au centre de l’univers. Six ans plus tard, il se voit censuré par l’Église. Après de nombreuses convocations, il est condamné en 1633 et doit prononcer une abjuration. « À la fin, tous sortent perdants. Galilée, lui, perd l’occasion d’être un symbole et l’Église rend coupable d’interdire une vérité ». Lazare Herson-Macarel reconnaît en Galilée « un scientifique génial » mais « un être humainement indéfendable, absorbé par ses obsessions ». Il reste « un personnage de théâtre formidable et clownesque ».

Des étoiles sur scène

Galilée se joue dans une scénographie circulaire qui rappelle à la fois la figure cosmique et la marche du temps. Sur la scène, Lazare Herson-Macarel a demandé aux comédiens et comédiennes d’être « des étoiles. Il faut être en rotation pour imprimer un mouvement. Scientifiquemet, c’est d’ailleurs exact puisque nous sommes faits d’atomes présents lors du Big Bang. Le théâtre est là pour le rappeler. Il est fait de quelque chose de plus fondamental que notre réalité sociale, économique, professionnelle ». Des étoiles, la compagnie de la Jeunesse aimable en a observées lors de la résidence. « Nous avons travaillé avec les souvenirs de ce lieu fermé pendant treize ans ». Galilée sera la première création d’un théâtre Legendre tout rénové.

Infos pratiques

  • Jeudi 14 et vendredi 15 novembre à 20 heures au théâtre Legendre à Évreux.
  • Tarifs : de 16 à 5 €. Pour les étudiants : carte culture.
  • Réservation au 02 32 29 63 32 ou sur www.letangram.com