C’est une des plus belles saisons du CDN de Normandie Rouen. C’est aussi la sixième de son directeur, le metteur en scène David Bobée qui termine un deuxième mandat et candidate pour un  troisième. Avec Philippe Chamaux, directeur adjoint, et Charlotte Flament, secrétaire générale, il a réuni des monstres. Tout d’abord ceux qui éblouissent par leur talent, puis les autres, fous, sanglants, doux, blessés, généreux, joyeux… 

En quelques chiffres

44 spectacles composent cette saison 2019-2020 avec 127 représentations, dont 33 destinées aux scolaires et 7 au jeune public. À noter que 40 % d’entre eux seront traduits en langue des signes. On compte 13 compagnies régionales, 19 nationales et 9 internationales. Ce n’est pas une première au CDN de Normandie Rouen : il y a une parité parfaite avec 22 propositions créées par des femmes et autant par des hommes. À ces chiffres s’ajoutent celui de 30 %, le pourcentage de mises en scène imaginées par des artistes issus de la diversité. Le CDN de Normandie Rouen reste fidèle à ses engagements.

Sur trois lieux

Ouvrira ? Ouvrira pas ? À un moment donné, la réponse à ces questions étaient devenues délicates tant le chantier de l’espace Marc-Sangnier a connu plusieurs péripéties. « C’est un outil qui nous a manqué ». L’EMS à Mont-Saint-Aignan est désormais ouvert. David Bobée y répète Elephant Man qui sera créé du 26 au 28 septembre. « La salle est très bien adaptée au travail. Elle est bien pensée. C’est une joie de retrouver un grand plateau ». À partir de cette saison, le CDN de Normandie Rouen s’étend sur trois sites. « Ce sont des géométries complémentaires ». Le théâtre de La Foudre à Petit-Quevilly a été rénové en partie durant cet été 2019 et le sera complètement à la même période en 2020. Quant au théâtre des Deux-Rives à Rouen, la salle a été réaménagée avec de nouveaux fauteuils, non pas rouges mais noirs. Le CDN, c’est aussi L’Autre Lieu, à Grugny, un espace de création et de mémoire.

En cinq chapitres

Les monstres habitent cette nouvelle saison du CDN Normandie Rouen. « Ils sont les révélateurs de nos peurs, de nos angoisses, de notre propre monstruosité. Ce sont des figures intéressantes, porteuses de singularité, qui donnent à voir les raisons de ces peur. C’est cohérent avec tous les combats que nous menons haut et fort », remarque David Bobée. Le premier monstre sera Elephant Man, la pièce de Bernard Pomerance. Il y a aussi Les Diables par la compagnie de l’Oiseau-mouche, mis en scène par Michel Schweizer, Thyeste de Sénèque, une tragédie sanglante par La Piccola Familia, Typhus dans Le Delirium du papillon d’Emmanuel Gil.

La famille est une source d’histoire inépuisable. Lorraine de Sagazan évoque L’Absence de père d’après Platonov de Tchekhov. Nadège Cathelineau et Julien Frégé du Groupe Chiendent jouent au jeu dangereux de la séparation dans Inconsolable(s). Julie Duclos s’empare des indémodables Pelléas et Mélisandre de Maerterlinck. Dans Parpaing, Nicolas Petosff dévoile des secrets de famille. Christophe Honoré s’est, lui, créé une famille avec Les Idoles, ceux qui l’ont aidé à grandir. De la danse avec La Chute libre, inoubliable avec une version du Sacre du Printemps et du cirque avec le retour de El Nucleo qui joue les Éternels Idiots sur une marelle singulière. Durant cette saison, le CDN va offrir deux belles épopées avec à nouveau Peer Gynt d’Ibsen, et le magnifique Nid de Cendres de Simon Falguières.

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