Direction : le cosmos. Tout l’indique : le titre de l’album, Voyager, la pochette, une nuit étoilée et cette invitation à une « odyssée cosmique ». Avec cette cinquième production, Vitalic explore à nouveau ce côté rétro-futuriste toujours séduisant. Cette fois, il s’est plongé dans une disco éthérée. C’est puissant, parfois hypnotique. Vitalic est en concert vendredi 15 décembre au Tetris au Havre. Entretien.

Vous l’écrivez sur l’album, Voyager est « une odyssée cosmique ». Pourquoi ne pas laisser deviner l’auditeur ?

Chaque album est différent. Autant dire les choses, dévoiler ce que l’on peut trouver à l’intérieur. C’est un projet très assumé. Tout est dit sur la pochette, dans le clip, dans la musique. Le premier titre est une introduction qui annonce la suite.

La conquête spatiale est-il un sujet vous passionne ?

C’est un thème passionnant lié à l’inconnu, à l’évolution des technologies, à celle des synthétiseurs. La conquête spatiale fait aussi rêver. Encore maintenant. Les images que l’on nous montre sont magnifiques. Et on ne cesse de faire encore des découvertes.

Aimeriez-vous aller dans l’espace ?

Je préfère rêver d’ici. Un tel voyage fait quand même un peu peur. Mais faire un tour rapide, juste quelques minutes dans l’espace, ce doit être une expérience merveilleuse. Comme voir la Terre d’en haut. L’apesanteur est quelque chose qui m’intrigue. C’est une nouvelle sensation que j’aimerais bien connaître.

Comment est venue cette idée d’une odyssée cosmique ?

Quand je commence un album, ça part toujours dans tous les sens. C’est un peu chaotique. Plus j’avance, plus les concepts se révèlent. Après, je tire le fil. Cette idée de l’odyssée est donc venue en cours de route. J’étais entre des morceaux rock et d’autres plus disco. Un jour, j’ai fait écouté les titres à un ami qui les a trouvés très cosmiques. Après cette conversation, j’ai rejeté cela en bloc. J’avais peur que ce soit trop rétro. Je voulais avoir un pied dans le présent. Quel que soit le concept, on peut toujours avoir un pied dans le passé et le second dans le présent.

Vous préférez être dans un rétro futurisme.

Oui parce que je ne veux pas être dans la nostalgie. J’ai déjà flirté avec cela. Cela me plaît et fait partie de moi. Dans la musique, j’aime bien apercevoir un peu de futur.

 

Comment évolue votre vocabulaire musical ?

C’est quelque chose d’assez constant. C’est une personne, avec une façon de parler, qui raconte une histoire différente.

Et votre contact avec les machines ?

Il reste identique par rapport à la première fois que j’ai touché un synthé. C’est la production qui évolue. Quand j’ai commencé, on se débrouillait avec ce que l’on avait. Chacun faisait les choses dans son coin. Aujourd’hui, la nouvelle génération effectue en même temps son apprentissage de la musique et de la production.

Est-ce que cela a modifié votre façon de travailler ?

C’est en fait secondaire. Je me concentre sur l’écriture des mélodies, sur les textures du son. J’ai dû apprendre cela. Ce qui a été très intéressant. Mais je sais ce que je veux produire.

Quel souvenir avez-vous de ce premier rapport avec un synthétiseur ?

Une première fois ne s’oublie pas. J’avais l’impression d’être devant une machine incompréhensible. J’ai passé plusieurs semaine à essayer de la dompter. C’était de la physique. A force de tenter des choses, j’ai appris à l’utiliser à ma façon. Quand j’ai commencé, les machines n’avaient pas de mémoire. Il fallait tout mémoriser. C’est de cette manière que j’ai construit mon vocabulaire.

  • Vendredi 15 décembre à 21 heures au Tetris au Havre. Tarifs : de 29 à 22 €. Réservation au 02 35 19 00 38 ou sur http://letetris.fr

Première partie : Maestro