Pour sa deuxième collaboration avec le Trap Door Theater de Chicago, Valéry Warnotte a travaillé aux Etats-Unis sur Les Justes d’Albert Camus. Regarding The Just est présenté pour la première fois en France jeudi 6 novembre à la scène nationale de Dieppe.

 

photo Lucian Perkins

photo Lucian Perkins

Avec le Trap Door Theater. Valéry Warnotte a rencontré par hasard cette troupe alors qu’il menait un travail de mise en scène aux Etats-Unis. Tous se sont liés d’amitié il y a cinq ans. « Ce sont des gens formidables qui luttent et font du théâtre quoi qu’il arrive. Dans leur jeu, c’est très expressionniste, très généreux. J’ai beaucoup de tendresse pour eux ». Le metteur en scène a créé avec le Trap Door Theater Me too, I’m Catherine Deneuve, un texte de Pierre Notte qui raconte l’histoire d’une mère affrontant les crises existentielles de ses enfants. L’une s’est mis en tête de devenir Catherine Deneuve.

L’aventure théâtrale se poursuit. L’objectif de Valéry Warnotte : « faire entendre autrement les auteurs francophones en les passant au filtre d’une autre culture ». Pour cette deuxième création avec la compagnie américaine, le metteur en scène a choisi Les Justes de Camus.

 

Pour une parole politique. Le texte des Justes, écrit en 1949, évoque l’engagement politique. Albert Camus relate l’histoire de jeunes révolutionnaires russes au début du XXe siècle qui décident d’assassiner le despote de la ville. Valéry Warnotte transpose cette pièce dans la société contemporaine. Dans un garage, lieu de répétition et de rassemblement de contestataires, « un groupe de rock joue de la musique comme on fabrique des attentats ». Le metteur en scène s’est ainsi inspiré des mouvements de contestation américains des années 1960 et 1970 et du courant de la protest song. La musique devient le véhicule de slogans et de revendications.

 

Des résonnances contemporaines. Dans ce spectacle, Valéry Warnotte veut soulever diverses questions : « Ce texte lance un débat. Est-ce que la fin justifie les moyens ? Quels sens peut-on donner aujourd’hui à l’action révolutionnaire ? » Il y a la fougue, l’engagement des comédiens du Trap Door Theater et la langue d’Albert Camus qui aiguisent ces questionnements. « Pascal Collin et Nicolas Le Guevel ont retraduit tout le texte. La traduction en anglais des années 1960 est trop ampoulée. Cette langue américaine est bien plus efficace, plus directe. Elle permet de muscler la pièce ». Regarding The Just est comme un miroir d’une société et d’une époque.

 

  • Jeudi 6 novembre à 20 heures à la scène nationale de Dieppe. Tarifs : de 22 à 7 €. Réservation au 02 35 82 04 43 ou que www.dsn.asso.fr