Les mots de Françoise Sagan ont inspiré Jean-Claude Gallotta. Le chorégraphe s’est laissé emporter par le tourbillon Bonjour Tristesse, le premier roman de l’écrivaine qui a fait scandale à sa parution en 1954. Sur scène, il reforme le trio principal du livre : Raymond et sa fille, Cécile, des fêtards insouciants en quête d’indépendance, Anne, femme sérieuse  et prévenante. Présenté vendredi 25 janvier à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu, Comme Un Trio revient sur la liberté des corps et la profondeur des sentiments de Bonjour Tristesse. Entretien avec Jean-Jean-Claude Gallotta.

Est-ce que la littérature est la source principale d’inspiration ?

C’est une des sources d’inspiration. Elle n’est pas la seule. Il y a aussi le cinéma, la vie, les rencontres… 

Comment vous laissez-vous traverser par un roman ?

Je lis beaucoup. Certains livres m’accrochent par le rythme de l’écriture. Il y a Bonjour Tristesse. Il y a eu aussi L’Étranger (de Camus, ndlr). Ce sont des histoires courtes avec un mouvement à l’intérieur. Je ne sais pas trop quelle est la force qui m’aspire. Je réfléchis à ce que je peux développer à partir de la lecture. En fait, il faut que je trouve une écriture pour la danse.

L’écriture chorégraphique vient-elle du rythme des mots ou des sentiments ressentis lors de la lecture ?

Par la danse, je partage l’émotion que j’ai ressentie en lisant. Avec ma danse semi-abstraite, je ne suis pas obligé de suivre une histoire. Je préfère être dans une sorte de poésie. Quand j’ai travaillé sur L’Étranger, il y a eu deux évidences. Il fallait lire des extraits du texte et la danse devait être plus une illustration. Cela ne fonctionnait pas avec Bonjour Tristesse. J’ai construit le spectacle autrement. J’ai retenu trois personnages, plus ou moins identifiables. Au lieu de prendre des bouts du roman, je me suis posé des questions. Comme, par exemple, pourquoi je fais ça ? Je mets alors le spectateur dans cette complicité. Françoise Sagan parle aussi de littérature et de mort. Elle donne des indications musicales. J’ai repris Beethoven, Juliette Gréco, Billie Hollyday… pour créer une ambiance.

Qu’est-ce qui vous a amené jusqu’à Bonjour Tristesse ?

Je lis pas mal de livres. Un jour, je me suis souvenu de celui-là. Avec cette écriture rapide, j’ai été vite inspiré et éprouvé des émotions différentes. J’aime beaucoup la façon dont écrit Françoise Sagan. Si je devais écrire un roman, j’aimerais écrire de cette manière, si directe, par aphorisme. Elle va à l’essentiel. Bonjour Tristesse est un thriller incroyable. C’est fou ce que Cécile fabrique dans sa tête. C’est très pervers et aussi moderne. Anne vient bouleverser le duo que forment le père et sa fille. Cécile ne va pas le supporter. Nous mettons tout cela en lumière.

Avec cette pièce, vous renouez avec le trio.

J’aime beaucoup écrire pour le trio. Nous ne sommes pas dans la danse de groupe et pas tout à fait dans l’intime. En fait, le trio est la première forme de groupe qui reste intime. Il permet de nombreuses combinaisons et variations.

Infos pratiques

  • Vendredi 25 janvier à 20h30 à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu.
  • Tarifs : 20,30 €, 13,20 €. Pour les étudiants : carte Culture.
  • Réservation au 02 35 36 95 80.

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