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Concert à Terres de Paroles : dans la mémoire d’Érik Satie

photo E. Gaume

Érik Satie est au coeur de ce concert-conférence. Lors de Mémoires d’un amnésique, donné dimanche 9 avril au manoir d’Etainnemare à Etoutteville dans le cadre de Terres de paroles, le pianiste Philippe Hattat traverse la vie et l’oeuvre du compositeur, né à Honfleur.

 

Impossible de distinguer la vie et l’oeuvre d’Érik Satie (1866-1925). L’une a tellement influencé l’autre. “Pourtant, on n’a souvent tendance à l’oublier. Chez Satie, on ne peut comprendre certaines pièces si on ne connaît pas le déclencheur de leur écriture. Quand j’ai commencé à déchiffrer cette musique, j’ai été très étonné par le langage. Après avoir mené des recherches, j’ai mieux compris le contexte“. Satie n’a pu faire abstraction des conditions dans lesquelles il a vécu ses cours au conservatoire, ses succès ou non, géré ses amours. “Quand il était au conservatoire, ses professeurs le considéraient comme un mauvais élève. Il en est parti. A ce moment-là, il commence à composer d’une manière très libre. Pour l’époque, c’est nouveau et très différent que ce font entendre les compositeurs français et aussi allemands. Plus tard, il reprend ses études de contrepoint qui influencent son écriture“, raconte le pianiste. C’est aussi toute la personnalité d’Érik Satie qui se lit dans ses oeuvres. “Il adorait l’humour. Il devait faire des blagues tout le temps mais il était sûrement introverti. Après sa rupture amoureuse, il a dû faire une grande dépression“.

 

Dans Mémoires d’un amnésique, Philippe Hattat, pianiste, fait des allers et retours dans la biographie et plusieurs des partitions de l’auteur des Gymnopédies. Un voyage “agréable. Je prends beaucoup de plaisir à jouer. Il n’y a rien de virtuose. Ce n’est pas désagréable de jouer avec cette simplicité. Pour le public, ça repose l’oreille. Le plus difficile est de faire ressortir le côté humoristique qui se cache dans l’oeuvre de Satie“.

 

Philippe Hattat, lauréat du 12e concours international de piano d’Orléans, se promène dans l’oeuvre de Satie, fait quelques détours dans les pièces musicales de Debussy, Poulenc et Ravel. Il raconte aussi la vie de l’amant de Suzanne Valadon, peintre. “Je me suis bien amusé à écrire le texte. Au début, j’avais très peur. J’ai eu comme professeur Jean-François Zygel. Je me suis inspiré de sa manière de vulgariser la musique. Lors de la première, au Frac d’Orléans, le public m’a mis à l’aise“. Lors de ce concert-conférence, Philippe Hattat noue des liens particulier avec les spectateurs. “Aujourd’hui, c’est primordial. Il faut des multiplier les rapprochements entre public et artistes“. Les concerts-conférences y participent.

 

  • Dimanche 9 avril à 16 heures au manoir d’Etainnemare à Etoutteville. Tarifs : de 10 à 6 €. Réservation au 02 32 10 87 07 ou sur http://terresdeparoles.com/fr