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Martin Wåhlberg veut « tisser des liens » entre Rouen et la Norvège

Martin Wåhlberg est de retour à Rouen avec son ensemble, Trondheim Orkester Nord. Le chef et violoncelliste, nouveau parrain de la candidature Rouen capitale européenne de la culture, dirige des œuvres de Grétry et Mozart vendredi 26 août à la chapelle Corneille dans le cadre des Musicales de Normandie.

Il y a beaucoup d’émotion lorsqu’il évoque le concert du vendredi 26 août à la chapelle Corneille, programmé pendant les Musicales de Normandie. Martin Wåhlberg n’a pas oublié Rouen. Il a passé ses trois années de lycée à Corneille et a étudié au conservatoire. « J’habitais dans le nord de la Norvège. C’est très joli mais aussi très isolé ». L’élève a l’opportunité d’intégrer la section norvégienne de l’établissement scolaire. « Je ne parlais pas du tout un mot de français et je ne m’intéressais pas non plus à la France. À cette époque-là, il n’y avait pas l’Internet. Ce fut, pour moi, un changement important ». 

En 1996, Martin Wåhlberg arrive dans une ville inconnue et découvre un autre système scolaire. « Il n’y a rien de comparable. Ici, tout est plus austère. En Norvège, il est possible de faire des remarques aux professeurs. En France, ce n’est pas apprécié du tout. Il y a également une grande différence de culture. Le week-end, nous allions dans des familles. Je me souviens d’un repas qui avait duré huit heures ».

« Se comprendre »

Transmettre et favoriser les échanges animent depuis plusieurs années le violoncelliste et chef d’orchestre. « C’est important de s’intéresser aux autres cultures, d’apprendre de nouvelles langues pour se comprendre. C’est un peu un cliché de dire cela mais tout devient plus facile quand les personnes se connaissent. L’Europe a vécu un épisode de paix exceptionnel. Il faut alors tisser des liens ». 

C’est tout naturellement qu’il a accepté de devenir parrain de la candidature de Rouen capitale européenne de la culture. Tel un ambassadeur, Martin Wåhlberg a la volonté de faire découvrir Rouen aux Norvégiennes et Norvégiens. « C’est une belle ville. Il y a des liens forts entre Rouen et la Norvège. Le saint patron, Olaf, premier roi, a été probablement baptisé à Rouen. Beaucoup de Norvégiens sont aussi venus à Rouen, une ville portuaire. La génération de mes grands-parents et mes parents connaît Rouen. Les enfants de 14 ans participaient aux campagnes de pêche et passaient par Rouen. Aujourd’hui, non. On entend parler de Paris, de Cannes, au moment du festival, de Bordeaux, pour le vin, de Lyon aussi. Mais pas de Rouen ».

Martin Wåhlberg est donc à Rouen pour un concert avec son ensemble, le Trondheim Orkester Nord. Cette formation d’une trentaine de musiciennes et musiciens, jouant sur des instruments anciens, interprète dans la chapelle de son ancien lycée un répertoire qui lui « tient à cœur. Je travaille depuis longtemps sur le XVIIIe siècle, notamment à cette période de la création de l’opéra comique, une musique jouée partout en Europe ». Le maestro met en miroir Grétry (1741-1813) et Mozart (1756-1791) pour questionner les influences de la musique française sur celle du compositeur autrichien. À Céphale et Procris, La Fausse Magie de Grétry répondent la Symphonie n°25, empreinte de mélancolie et de tristesse, la suite de Thomas König in Egypten et le célèbre Air de la Reine de la nuit, extrait de La Flûte enchantée.

Photo : Terje Visnes

Infos pratiques

  • Vendredi 26 août à la chapelle Corneille à Rouen.
  • Tarifs : 15 €, 12 €, gratuit pour les moins de 18 ans
  • Réservation sur www.musicales-normandie.com
  • Tentez de gagner des places pour ce concert en écrivant à muriel.relikto@gmail.com