Alexander Vantounhout : « le solo est une épreuve ultime »

Photo : Bart Grietens

Alexander Vantournhout est un artiste fidèle au cirque-théâtre d’Elbeuf. Il est de retour pour ce Plateau flamand du 24 au 26 novembre avec deux spectacles. Dans le premier, VanThorhout, il réécrit son nom et relit le mythe de Thor. Le voilà avec un mjölnir de deux mètres de long à la main pour se moquer des stéréotypes masculins et de la figure des super héros. Through The Grapevine, le second, est un duo, interprété avec Axel Guérin, est un jeu des différences physiques pour trouver un équilibre et créer des créatures fantastiques. Dans ces deux spectacles, Alexander Vantournhout qui ne manque jamais d’humour et d’inventivité continue à enrichir son vocabulaire circassien avec la danse. Entretien.

Dans VanThorhout, aviez-vous envie de jouer le super héros ?

Un peu mais pas tant que cela. Je suis davantage un anti héros. Il est vrai que l’artiste de cirque peut ressortir de la scène avec cette image de super héros après avoir multiplié les figures. Mais, moi, je veux apparaître comme un humain. C’est ce que je recherche. Je manipule ce mjölnir, ce marteau très court avec une énorme tête. J’en fais un objet de deux mètres de long, qui est presque ma taille, avec une petite tête. C’est assez énorme.

Êtes-vous fan des Avengers ?

Non, pas vraiment. Je me suis davantage intéressé aux bandes dessinées très connues en Belgique. Nous avons des super héros comme Les Chevaliers rouges. Ils sont plus dans les arts martiaux. Je n’oublie pas Lucky Luke — c’est de chez nous — dont les aventures ont été écrites à 15 kilomètres de la maison où j’ai grandi. Il y a cependant des analogies fortes. J’adore les films d’action quand ils sont bien faits. Je n’aime pas les Marvel. Je préfère ces héros qui ont des super pouvoirs, ceux qui deviennent des super humains grâce à une technique particulière. Comme Batman. Pour moi, cela rejoint le cirque. Si Batman enfile une cape, ce n’est pas pour combattre. Avec lui, on se retrouve dans une situation circographique.

Dans VanThorhout, vous n’avez pas de cape mais un marteau.

J’ai fait fabriquer un marteau avec un manche très léger qui se plie. Il est mou alors qu’il semble très dur. Cela permet d’être dans le mouvement et d’avoir des accélérations énormes. En fait, il est similaire à un bâton de tente de camping. Dans ce spectacle, je manipule aussi un drapeau télescopique, très complexe à fabriquer aussi. Je jongle et je danse.

La danse est toujours présente dans vos créations.

Dans VanThorhout, c’est très chorégraphié. Moins dans Through The Grapevine où le cirque est plus présent. Je suis dans le mouvement, le rapport à l’objet. La matière du travail est là. Pendant 50 minutes, je tourne à différentes vitesses et je fais une distinction entre la face et le dos. Je cherche à désactiver une partie et à activer l’autre pour faire émerger deux corps. C’est assez complexe. Je ne bouge pas avec le corps mais à travers le corps.

Avec ce spectacle, VanThorhout, vous revenez au solo.

Je n’avais pas présenté de solo depuis Aneckxander, un spectacle qui a beaucoup tourné. J’y suis revenu avec beaucoup de pression parce qu’il y avait une référence. Ce fut un grand stress pour moi. J’ai voulu me prouver à moi-même que j’étais capable d’écrire un deuxième solo. Le solo est une épreuve ultime. Il y a juste mon corps, deux objets, un podium, des lumières.

Vous revenez aussi au cirque-théâtre avec ce duo, Through The Grapevine.

Oui, il a été présenté pendant le festival Spring. J’ai imaginé ce duo avec Alex qui a la même taille que moi, 1,90 mètre. Mais lui a une envergure de 15 centimètres de plus que moi. Sa longueur des bras et des jambes est plus grande. Et, moi, mon centre de gravité est plus bas. C’est toute la clé de la performance. Lui peut m’atteindre avec ses bras. Moi, non, je ne peux pas le toucher. Cela devient presque comique. Parfois blessant. Nous avons construit des agencements, des équilibres et des déséquilibres. Nous sommes arrivés à un travail acrobatique et virtuose.

Infos pratiques

  • VanThorhout : jeudi 24 novembre à 19h30
  • Through The Grapevine : vendredi 25 novembre à 20h30 et samedi 26 novembre à 18 heures
  • Spectacle à partir de 12 ans au cirque-théâtre à Elbeuf
  • Rencontre avec Alexander Vantournhout après la représentation du 25 novembre
  • Tarifs : 17 €, 13 €. Pour les étudiants : carte Culture
  • Réservation au 02 32 13 10 50 ou sur www.cirquetheatre-elbeuf.com