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Les festivals font leur transition écologique

photo : Vishnu R. Nair / Unsplash

La transition écologique : c’est l’autre sujet, incontournable également avec L’intelligence artificielle, qui sera développé pendant le Forum Entreprendre dans la culture mardi 20 février au Pavillon des transitions à Rouen. Matthieu Cattoni, co-président de Norma, revient sur les enjeux des Pluies de juillet, le festival de musiques actuelles qu’il co-coordonne.

Pour ces fans de musique, il y avait bien évidemment l’envie de proposer des concerts. L’équipe des Pluies de juillet avait cependant d’autres intentions en tête : parler de l’urgence climatique et sociale. « Nous voyions bien que quelque chose ne tournait pas rond. Il y avait ainsi cette volonté d’organiser un événement fédérateur, donc culturel, sans oublier les enjeux de transition écologique », rappelle Matthieu Cattoni, modérateur de la table ronde sur la transition écologique pendant le Forum Entreprendre dans la culture.

Pour le co-coordinateur des Pluies de juillet, également co-président de Norma, l’engagement reste identique pour ce festival sobre, créé pour « se détendre, réfléchir et faire la fête ». Il y a une réelle attention sur la consommation d’énergie. Depuis l’édition 2023, l’électricité est puisée directement sur le réseau du fournisseur. Les avantages : une utilisation moindre des groupes électrogènes et une diminution des rejets de gaz à effets de serre. Lundi 19 février, Norma (Normandie Musiques actuelles) signe d’ailleurs une convention de partenariat avec Enedis relative à l’accompagnement des festivals de la région dans leur démarche de raccordement au réseau électrique.

À taille humaine

Autre perspective : « nous allons tester un matériel nouveau avec des batteries qu’il faudra certes recharger. C’est une démarche menée avec le festival Chauffer dans la noirceur. Cette année, aussi, nous mènerons une étude afin de mesurer la consommation d’énergie, puis d’optimiser notre installation. Il y a aujourd’hui plusieurs recherches qui vont amener des données nouvelles. Les choses vont bouger dans les deux prochaines années », explique Matthieu Cattoni.

Pour l’alimentation, l’équipe du festival privilégie les productions locales. Les déchets sont réduits au maximum. Quant aux mobilités, « il y a une offre complète, indique Matthieu Cattoni. Nous valorisons le ferroviaire et les navettes entre la gare et le festival. Il est possible de venir à vélo et nous facilitons l’information pour le covoiturage. Nous réfléchissons à un plan de mobilité pour améliorer encore les dessertes. Pourquoi ne pas proposer de nouvelles offres le temps du festival ? Il y a une volonté de faire mieux et nous pouvons nous en réjouir ».

Ces engagements participent à une réflexion sur les modèles des festivals. Il y a aussi un enjeu économique. « Les plus gros festivals vont pouvoir résister mais les moyens sont dans un entredeux et sont frappés par la hausse des cachets des artistes, constate Matthieu Cattoni. Nous ne voulons pas que le festival grossisse. Il doit rester à taille humaine, avoir une proposition singulière. C’est notre marque de fabrique ».

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