Chloé Lacan : « le cinéma reste une bulle de fantasme d’adolescente »

photo : David Desreumaux

Chloé Lacan et Thibaud Defever partagent leur amour du cinéma et leurs souvenirs dans Happy Ends, un spectacle écrit avec quelques répliques, surtout avec des chansons extraites des films qui les a bouleversés. Ensemble, ils jouent et ils chantent des titres des Demoiselles de Rochefort, de West Side Story, de Cabaret, de Peau d’âne… Entretien avec Chloé Lacan avant le concert mercredi 13 mars à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu pendant Région en scène.

Pourquoi avez-vous choisi des happy ends ?

C’est un contre-pied. Parmi les chansons choisies, la plupart sont tristes et font partie d’histoires sans happy end. Nous aimons ce mélange d’émotions. Cela reste un spectacle lumineux et léger renvoyant à des films qui nous ont émus au moment de leur découverte. Parmi les chansons choisies, il y a Porque Te Vas (issue de la bande originale du film de Carlos Saura, Crià Cuervos), un titre sautillant mais aux propos très graves. Cependant, je ne suis pas sûre que je préfère les films avec des happy ends.

Quel cinéma préférez-vous ?

J’aime les blockbusters de mon époque, le cinéma français, le cinéma italien des années 1950, celui d’Hollywood et les grands westerns. 

Êtes-vous une cinéphile ?

Je l’ai été. Je me suis rendu compte que j’allais moins au cinéma. J’ai été à l’affut de ce tout ce qui sortait. J’adore les émotions ressenties au cinéma. Quand je vais voir un film, je n’ai qu’une envie : m’y noyer ! J’ai pu passer une journée en allant voir trois ou quatre films. Le cinéma était l’endroit où je me sentais le mieux. Comme dit Marguerite Duras dans Un Barrage contre le Pacifique, au cinéma, on devient invisible et tout devient possible. On peut rêver sa vie avant qu’elle ne commence.

Est-ce que le cinéma vous a amenée à la chanson ?

Sans doute, avec les comédies musicales. Liza Minnelli m’a donné envie de monter sur scène. Elle avait une telle présence et, en même temps, on pouvait voir toutes ses fêlures.

Qu’est-ce qui a motivé les choix de Happy Ends ?

Nous avons laissé un fil se dérouler. Il n’y a pas de dramaturgie. Nous n’avons pas construit une histoire. C’est un concert avec des chansons, telle une suite de courts-métrages. Avec Thibaud, quand nous avons commencé à travailler sur ce projet, nous sommes allés vers les mêmes cinémas. Ce sont des choix très intimes de films qui nous ont bouleversés. Ce ne sont pas forcément les plus connus. Nous avons choisi des chansons qui nous permettaient de les réinventer à deux voix, d’avoir un panel de couleurs. C’est une énergie qui se déploie. Nous avons avant tout choisi des chansons qui renvoient à des images.

Avez-vous écrit des arrangements à tout le répertoire ?

Oui, nous aimons faire des reprises en les revisitant. Nous aimons bien déconstruire. Aucune chanson ne ressemble à son original. Nous avons beaucoup épuré pour retrouver une fragilité, aller à l’essence. La chanson n’est plus que sur un fil. Elle en est d’autant plus émouvante. Pour ce spectacle, il y a eu aussi tout un travail de lumières. Nous sommes comme sur un plateau de cinéma.

Auriez-vous aimé jouer sur un plateau ?

Cette envie, je l’ai eue quand j’allais beaucoup au cinéma. J’ai fait une école de théâtre. Mais, entre le rêve et la réalité, il y a une grande différence. Après avoir passé des castings, je n’ai plus été attirée par ce milieu. Le cinéma reste une bulle de fantasme d’adolescente et j’aime bien que cela reste un fantasme.

Infos pratiques

  • Mercredi 13 février à 19h30 à l’espace culturel François-Mitterrand à Canteleu
  • Première partie : Ohm
  • Tarifs : 5 €, 3 €
  • Réservation au 02 35 36 95 80 ou sur www.ecfm.ville-canteleu.fr
  • Aller au concert en transport en commun avec le réseau Astuce
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