Fusion flippante

Cass (Edith Proust) en train de fusionner avec un drap / Photo : UFO Distribution

Dans Else, Thibault Emin réinvente une pandémie beaucoup plus menaçante encore que celle que l’on a connu au printemps 2020. Ce fan de David Lynch signe un film de science fiction étrange et troublant qui sort sur les écrans de cinéma mercredi 28 mai.

Chacun a réagi comme il pouvait à la Covid et à son confinement mais s’il vous reste encore quelques mauvais souvenirs, on vous recommande d’aller voir Else qui fait passer le coronavirus pour de la peccadille. Thibault Emin met en scène un homme, Anx (Matthieu Sampeur) et une femme, Cass (Edith Proust de la Comédie-Française) qui viennent tout juste de se rencontrer alors qu’une pandémie éclate. Pour faire face à une menace monstrueuse, le couple se cloître dans un appartement.

Le premier tiers du film nous renvoie irrémédiablement à la période de pandémie que l’on a connue au printemps 2020. Pourtant l’idée du film était là bien avant comme l’affirme le réalisateur invité à présenter Else au festival de Sarlat. « Je me souviens même avoir cherché le bon mot pour définir la situation et le mot confinement est arrivé. Je trouvais que ça sonnait mieux que quarantaine, utilisé dans ces circonstances…  Puis, avec Alice Butaud, nous avons dû réécrire certaines scènes en tenant compte de ce qui s’était passé. » 

Transformation

Là où Else se différencie de ce qu’on l’a pu vivre, c’est que dans le film, les gens touchés par le virus fusionnent avec les choses qui les entourent… Quand quelqu’un devient quelque chose d’autre, c’est vraiment flippant, voire dérangeant d’autant que le cadrage, les gros plans, le son et les bruits parfois étranges, les couleurs mutantes — on passe progressivement d’une couleur saturée à un noir et blanc contrasté, pour revenir à une couleur luxuriante —, ajoutent à créer une ambiance éprouvante.

« La philosophie du film, c’est une idée de fusion, confie Thibault Emin d’une voix douce et posée, avant d’ajouter :  j’avais envie d’abolir les frontières entre les gens, entre les espèces, entre les visions du monde et entre les sensibilités. » Et justement, même s’il n’y a pas une goutte de sang dans Else, il vaut peut-être mieux pour les âmes sensibles de s’abstenir.

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