Deux femmes face à l’emprise

Auprès de Laura (Zita Hanrot), comme des autres femmes, Joachim (Bastien Bouillon) sais jouer de son charme / Photo : Paname

Bastien Bouillon est l’homme toxique de la scénariste Nathalie Najem qui passe derrière la caméra pour la première fois et traite de la vie sous emprise et après, dans Aux jours qui viennent.

César du Meilleur espoir masculin en 2023 pour La Nuit du 12 de Dominik Moll, Bastien Bouillon n’a pas son pareil pour apparaître là où on ne l’attend pas. Après le flic méticuleux qui lui a valu son César, on le découvre en chanteur pianiste dans Monsieur Aznavour de Grand Corps Malade et Mehdi Idir et même en chanteur amateur dans Partir Un Jour d’Amélie Bonnin. Et, à chaque fois, son charme opère autant que son talent. 

Avec Aux Jours qui viennent de Nathalie Najem, Bastien Bouillon prend le risque de se montrer encore plus antipathique que le comte de Morcerf qu’il incarne dans Le Comte de Monte-Christo de Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière. Aujourd’hui, il se glisse dans la peau d’un homme presque ordinaire, souvent dans la séduction, sauf qu’il a été un mari toxique et qu’il devient un amant nocif.

Son histoire et celle des deux héroïnes, qui vont le combattre, se déroulent à Nice. C’est là qu’on découvre Laura (Zita Hanrot, solide), la trentaine, qui essaie de se reconstruire après la relation tumultueuse qu’elle a connue avec Joachim (Bastien Bouillon, à la fois attirant et déplaisant), le père de sa fille. Avec une force tranquille et une détermination à toute épreuve, elle vit seule avec sa petite Lou (Maya Hirsbein) qu’elle veut élever dans le calme. 

Prévenir le danger

Le film aurait pu s’arrêter à la vie après l’emprise, montrer qu’il suffit parfois de claquer la porte pour retrouver la paix, mais Nathalie Najem ouvre une autre page qui rend son sujet encore plus intéressant. Elle continue de suivre Joachim qui harcèle toujours Laura au prétexte de voir sa fille et qui montre le même comportement inquiétant avec Shirine (Alexia Chardard, attachante), sa nouvelle compagne. Consciente du danger, Laura peut-elle laisser faire ?

Grâce à la justesse de son trio d’acteurs, la réalisatrice filme la complexité de l’emprise, la manipulation sourde de la séduction, l’aveuglement momentané d’une femme amoureuse, la peur qui paralyse… Elle ne craint de mettre mal à l’aise le spectateur car il faut reconnaître qu’il n’est agréable pour personne de ressentir l’impuissance du témoin, de se reconnaître dans quelques petites lâchetés sans conséquences immédiates, de partager la crainte des coups, la désillusion qui va avec. Mais Aux Jours qui viennent compte parmi ces films nécessaires pour mieux comprendre – et peut-être aider – une personne qui vit sous emprise.

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