Un appétit de vivre

Ruth (Kathleen Chalfant), très à l’aise derrière les fourneaux / Photo : Arizona Distribution

Les personnes âgées ont peu de place sur le grand écran. Une bonne raison pour aller voir À Feu doux, premier long-métrage de Sarah Friedland qui filme avec délicatesse l’installation d’une octogénaire dans une  résidence médicalisée. Il sort dans les salles de cinéma mercredi 13 août.

Les personnes âgées sont rarement des héros de cinéma, même si on ne peut oublier le bouleversant Amour de Michael Haneke (2012), The Father de Florian Zeller (2020) ou encore Une belle Course de Christian Carion (2022). Voici aujourd’hui A Feu doux de Sarah Friedland, présenté aux Rencontres du Sud à Avignon, qui met en scène une octogénaire élégante et raffinée.

On découvre Ruth Goldman (Kathleen Chalfant), au moment où elle reçoit un homme à déjeuner. À ses manières attentionnées et son sourire malicieux, on pense assister à un déjeuner en amoureux. C’est d’ailleurs ce que croit Ruth qui pense poursuivre le rendez-vous galant vers une destination surprise, alors que son fils qu’elle n’a pas reconnu, l’emmène doucement mais sûrement dans une résidence médicalisée où une chambre lui a été réservée… 

Ruth va-t-elle se rebeller ? Va-t-elle s’écrouler ? La réalisatrice américaine choisit une autre option : l’adaptation. Malgré sa mémoire capricieuse, Ruth reste à l’écoute de son envie de vivre et d’apprendre. Dans l’Amérique de Trump, il est enthousiasmant de voir une jeune femme de 33 ans s’intéresser à des personnes âgées, leur faire une belle place sur grand écran. Avec Ruth, Sarah Friedland montre qu’on peut être dépendant mais toujours utile aux autres, curieux des autres, à leur écoute, toujours prêt à partager une expérience tout en en vivant d’autres. 

Le film a été tourné en Californie, à la Villa Gardens qui accueille aujourd’hui d’anciens professionnels de l’éducation. Pendant cinq semaines, les résidents ont joué le jeu en participant à un atelier autour de l’écriture, le travail de l’acteur, la réalisation d’un film. C’est leur curiosité et celle de la comédienne Kathleen Chalfant qui donnent autant d’authenticité à ce Feu doux, savamment mijoté.  

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