C’est une humanité en détresse qui part en quête de consolation dans Un Requiem allemand de Johannes Brahms. Dirigés par Laurence Équilbey, l’orchestre de l’Opéra de Normandie Rouen et le chœur Accentus, interprètent cette œuvre spirituelle, mise en scène par David Bobée, du 4 au 7 novembre au Théâtre des Arts à Rouen et le 8 novembre au Volcan au Havre en version concert.
Sur le sol est planté une carcasse d’un avion éventré et noirci par les flammes. David Bobée a rêvé de cette image. « Il y a eu un crash aérien. Ce n’était pas si violent. Tous les passagers s’en sortaient. Ils étaient en train de chanter comme un requiem ». Cette scénographie, le metteur en scène, directeur du Théâtre du Nord, l’a imaginée aussi pour Tragédie, le spectacle de fin d’études des élèves du Studio 7 à l’École du Nord. Il la reprend pour Un Requiem allemand de Johannes Brahms, interprété du 4 au 7 novembre au Théâtre des Arts à Rouen et le 8 novembre au Volcan au Havre.
Cet avion est « une métaphore d’un monde capitaliste qui pollue. C’est celui des puissants, de Poutine, des Twin Towers, des virilistes ». C’est un monde, parfois complètement fou, proche de la catastrophe. Là, que devient l’humanité ? Un Requiem allemand de Johannes Brahms (1833-1897) procure un espoir. Sans reprendre les codes liturgiques du culte catholique, le compositeur signe là une pièce musicale, avec sept mouvements, à la dimension spirituelle. Cette œuvre, terminée en 1868, exprime une douleur et un besoin de consolation d’une humanité face à son destin et aux épreuves de la vie.
Donner à voir la musique
Pour David Bobée, Un Requiem allemand reste « une ode à la vie. On peut se demander ce qu’il se passe après la catastrophe. Y a-t-il des survivants ou les passagers sont-ils tous morts ? Pour les survivants, il y a le moyen de se relever, de vivre autrement — même si vivre est difficile — et de se transformer. On peut avoir une lecture post-humaniste. Tout le monde est mort et on peut se dire que la planète ne va pas s’en porter plus mal. La mort est une étape qui nous emmène vers un ailleurs. Là, ce n’est pas plus mal d’avoir un peu de spiritualité ».
Avec Un requiem allemand, David Bobée retrouve la cheffe Laurence Équilbey après La Nonne sanglante de Gounod et Fidelio de Beethoven. Il retrouve aussi un chœur. « J’aime beaucoup travailler avec un chœur. Ce que je ne fais jamais. J’aime cet effet de foule, de masse. C’est un beau matériau », avec 38 choristes que le metteur en scène considère comme des solistes. Il faut ajouter un chanteur, le baryton Samuel Hasselhorn, « une émanation de l’humanité » et une chanteuse, la soprano Elsa Benoit, telle « une figure christique ».
David Bobée donne également à voir l’œuvre de Brahms à travers des images dévoilant un imaginaire. Ce sont des émotions qui traversent des corps, ceux de tous les interprètes, de la danseuse XiaoYi Liu, de l’acrobate Salvatore Cappello et du comédien chansigneur Jules Turlet. Tous forment ce peuple dans un mouvement d’espoir.
Infos pratiques
- Mardi 4, jeudi 6 et vendredi 7 novembre à 20 heures au Théâtre des Arts à Rouen. Tarifs : de 85 à 10 €. Réservation au 02 35 98 74 78 ou en ligne
- Samedi 8 novembre à 18 heures au Volcan au Havre. Tarifs : 40 €, 34 €. Réservation au 02 35 19 10 20 ou en ligne (version concert avec Martynas Stakionis à la direction de l’ensemble de l’Opéra de Normandie Rouen)
- Durée : 1h20
- En allemand surtitré en français et chansigné
