Guillaume Canet offre un rôle puissant et émouvant à la mère de ses enfants, Marion Cotillard. Héroïne de son nouveau film Karma, présenté au festival de Cannes et sur les écrans de cinéma mercredi 21 octobre, elle nous entraîne dans les coulisses d’une communauté sectaire.
Depuis 2010, Guillaume Canet nous a amusés et touchés avec ses Petits Mouchoirs, Rock’n roll, Nous finirons ensemble, Lui, des films qui parlaient de lui, de ses amours, de ses emmerdes comme le chantait Charles Aznavour. Après Astérix et Obélix : L’Empire du Milieu, il nous propose aujourd’hui Karma, un thriller psychologique, poussé par l’envie d’offrir à la mère de ses enfants, Marion Cotillard, un rôle digne de celle qui a remporté en 2008, Golden Globe, BAFTA, César et Oscar pour La Môme d’Olivier Dahan.
Pour Karma, il nous emmène dans un petit village au nord de l’Espagne où Jeanne (Marion Cotillard) et Daniel (Leonardo Sbaraglia) soignent ensemble un passé douloureux. Si lui s’est confié sur le drame qu’il a vécu, elle n’a toujours rien avoué à l’homme qu’elle aime. Certes ils s’aiment mais un sujet pourrait les éloigner l’un de l’autre. Elle ne veut pas avoir d’enfant. Son élan maternel, elle le réserve à son neveu adoré dont elle s’occupe quotidiennement. Le jour où la police soupçonne Jeanne d’être responsable de la disparition du petit Mateo, elle s’enfuit en France et réclame l’asile à Marc (Denis Ménochet) le chef de la communauté qui l’a vu naître et qu’elle a fui sept ans plus tôt.
La vie dans une communauté
Avec Jeanne, nous pénétrons dans un magnifique et vaste manoir où s’est installée une véritable secte dirigée par un homme qui, secondés par des petits soldats lâches et obséquieux, dicte sa loi aux adultes comme aux enfants pour le bien de tous. Guillaume Canet expose alors l’organisation de cette communauté de trois familles regroupant une soixantaine de personnes. Une communauté qui s’est agrandie avec la naissance des enfants issus des mariages entre cousins. Les problèmes de consanguinité étant « des épreuves envoyées par Dieu » selon Marc… De toute façon, les enfants vivent ensemble, dorment dans des dortoirs et ne voient leurs parents que quinze minutes par semaine.
Ce Karma donne donc l’occasion de réfléchir sur la famille et les liens qui se créent — ou non — entre parents et enfants. Au bout du compte, Guillaume Canet filme une Jeanne en train de devenir mère. Une mère blessée qui revient pour mettre en lumière l’inhumanité de cette organisation.
Marion Cotillard ne déçoit pas en Jeanne la guerrière, un rôle écrit sur mesure pour elle. Denis Ménochet impressionne autant par sa puissance que par son charme inquiétant. On peut croire à son emprise sur les autres. Quant à Leonardo Sbaraglia, il a le charme et la sensibilité qui justifient l’amour de Jeanne pour Daniel. D’ailleurs, celui-ci n’ayant jamais cru en sa culpabilité, il va tout plaquer pour la retrouver. Mais, pendant les cent quarante minutes que dure le film, il est difficile de savoir si l’amour va l’emporter.
- Karma de Guillaume Canet (France, 2h20) avec Marion Cotillard, Denis Ménochet, Leonardo Sbaraglia…
