Une affaire qui se termine par un « C.R.A.S.H »

Photo : Joseph Banderet

L’affaire Tarnac a été un scandale judiciaire très médiatisé. La compagnie Hors Jeu la traverse dans C.R.A.S.H. en revenant sur les grands moments du procès. Le spectacle est à voir mercredi 22 mai devant la bibliothèque Louis-Aragon à Saint-Étienne-du-Rouvray avec Le Rive Gauche.

Une affaire

Cette affaire, c’est celle dite de Tarnac. Un groupe de militants dont Julien Coupat et Yildune Lévy, les principaux protagonistes, ont été arrêtés en 2008 à Tarnac, un petit village de Corrèze. Tous sont soupçonnés d’avoir saboté une ligne de TGV et accusés d’association de malfaiteurs. Le mot terrorisme a même été prononcé. Le cours de l’affaire s’est vite emballé mais son instruction a piétiné en raison de multiples failles. Les dix ans de procédure judiciaire ont abouti à une relaxe générale pour le groupe de Tarnac.

Sophie Lewisch, alors étudiante en Droit, va assister aux audiences du procès. « Il y avait un aspect très théâtral dans sa construction. Il n’est pas si fréquent de voir des personnes aussi bien renseignées sur ce qui leur arrive. Elles ont ainsi pu constituer un groupe de défense. Il ne faut pas oublier qu’il n’y avait pas de groupe de Tarnac avant le procès. Toutes ont réussi à retourner l’accusation et le récit et à déjouer les pièges. C’était très intéressant. Les échanges étaient pertinents, même déstabilisants pour la juge ». 

Une pièce de théâtre

Pour comprendre les enjeux de cette affaire, Sophie Lewisch se plonge dans le livre de David Dufresne, Tarnac, Magasin général. « Ce fut la bonne porte d’entrée », pour l’écriture de la pièce de théâtre, C.R.A.S.H., jouée par la compagnie Hors Jeu mercredi 22 mai à Saint-Étienne-du-Rouvray. L’autrice et metteuse en scène se concentre sur les échanges pendant les audiences. « Il y a tout d’abord un côté réaliste, même documentaire, puis des scènes plus décalées et absurdes ». À coups de flashbacks, C.R.A.S.H. fait le récit de cette histoire et de ses protagonistes dans une ambiance noire de polar.

Dans une salle du palais de justice, cinq personnages dénouent cette affaire dans un décor de château de cartes. « Nous ne cherchons pas convaincre puisque nous connaissons l’issue, indique Sophie Lewisch. Le groupe de Tarnac a été une fiction, un fiasco judiciaire. Nous essayons de comprendre les circonstances de cette histoire grotesque ».

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