Entre plumes et paillettes, les coulisses des Sea Girls

Photo : Marie Vosgian

Depuis deux décennies, les Sea Girls illuminent la scène française avec leurs performances mêlant humour et musique. Dans leur nouveau spectacle Dérapage, elles lèvent le rideau sur les coulisses du music-hall, offrant au public une immersion déjantée dans leur univers artistique. C’est l’envers de leur décor à découvrir mardi 25 février au centre culturel Marx-Dormoy à Grand-Quevilly avec le théâtre Charles-Dullin.

Atteindre la cinquantaine dans le monde du spectacle, c’est un peu comme vouloir faire du roller en talons aiguilles : c’est possible, mais ça demande du cran. Les Sea Girls, composées de Judith Rémy, Prunella Rivière et Delphine Simon, assument pleinement cet âge où, comme le dit Prunella Rivière : « On se montre telles qu’on est, mais en strass et body moulant. »

Si le dos craque parfois plus fort que les applaudissements, ces trois complices prouvent qu’à 50 ans, on peut toujours faire le grand écart… ou au moins l’illusion d’un grand écart. « Ce groupe est notre petite bulle de plaisir. Nous avons autour de la cinquantaine et nous l’assumons ! », ajoute-t-elle.

Les Sea Girls abordent sans filtre les réalités du métier : les années passées à jongler entre la scène et la vie personnelle, à maintenir une silhouette impeccable tout en portant des costumes qui brillent plus fort que les projecteurs. Pourtant, derrière les paillettes, il y a aussi des moments de doute et de fatigue. « Nos galères, nos tristesses, nos épreuves, nos vies, tout ça finit par devenir du théâtre », confie Prunella Rivière. Un théâtre où l’autodérision devient une arme, et où le rire remplace parfois les larmes.

Dans le chaos

Pour ce nouveau show, les Sea Girls ont confié la baguette magique à Pierre Guillois, metteur en scène connu pour son goût du décalage. « L’idée, c’était de montrer tout ce qu’on ne montre jamais : les loges en pagaille, les plumes de travers et les courses-poursuites en coulisses ». Sous sa direction, Dérapage devient une véritable plongée dans l’envers du décor, où le chaos des coulisses se transforme en spectacle à part entière. Les corps s’affranchissent des conventions pour raconter des histoires drôles et touchantes, où chaque maladresse devient une chorégraphie parfaitement orchestrée. Avec son œil malicieux, Pierre Guillois insuffle une dose supplémentaire d’énergie au trio et n’hésite pas à pousser les artistes hors de leur zone de confort, créant ainsi des moments de scène aussi imprévisibles qu’hilarants.

Côté anecdotes, Dérapage porte bien son nom. Entre une pluie de confettis qui tombe trop tôt, un micro récalcitrant et une plume de boa qui atterrit en plein milieu du piano, chaque soir réserve son lot de surprises. Dès l’ouverture, le trio surprend en se présentant de dos, offrant une perspective inédite sur leur performance. Les chansons, écrites par Prunella Rivière et orchestrées par Fred Pallem, abordent les aléas des tournées ou les imprévus de la scène. Quant aux musiciens — Dani Bouillard à la guitare, Vincent Martin aux percussions et Benjamin Pras au piano —, ils ajoutent une dynamique supplémentaire, contribuant à l’ambiance festive et décalée du spectacle. Et comme si cela ne suffisait pas, les Sea Girls n’hésitent pas à briser le quatrième mur, interagissent avec le public, partagent des moments d’autodérision qui renforcent leur proximité avec les spectateurs. Résultat : un spectacle sens dessus-dessous, où chaque faux pas devient une danse et chaque imprévu, une occasion de rire plus fort…

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