Famille et politique

L’après-campagne présidentielle réserve pas mal de surprises, même aux proches du vainqueur / Photo : Fair Play Productions

En politique, il n’est pas rare qu’on soit élu de père en fils. C’est le point de départ Fils de… de Carlos Abascal Peiró, une comédie, dans les salles de cinéma mercredi 3 septembre, portée par Jean Chevalier, François Cluzet, Karin Viard et Alex Lutz.

Le cinéma français s’intéresse régulièrement aux hommes politiques pour évoquer des ambitions dévorantes, des jeux de pouvoir, des manipulations perfides, des coups bas… Les réalisateurs ont l’art et la manière d’aborder le sujet quels que soient le parti et l’époque. On pense à l’excellent Exercice de l’État de Pierre Schoeller en 2011, au savoureux Quai d’Orsay de Bertrand Tavernier en 2012, au mordant Second Tour d’Albert Dupontel en 2023…

Aujourd’hui, avec Fils de…,  le réalisateur français Carlos Abascal Peiró rappelle que la politique, c’est souvent une affaire de famille. Citons Martine Aubry, fille de Jacques, Jean-Louis Debré, fils de Michel, Nathalie Kosciusko-Morizet, arrière-petite-fille d’André, fondateur du Parti communiste français, plus proche de nous l’actuel ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot dont le grand-père Noël était député de Haute-Loire, tout comme son père, Jacques qui a été vice-président de la Commission européenne de 2004 à 2009 et membre du Conseil constitutionnel de 2010 à 2014…

Affronter un père

Dans Fils de…, Nino Perrin (Jean Chevalier) est l’un de ces héritiers, sauf que lui n’a plus aucun contact avec son père (François Cluzet), éternel perdant qui a coupé les ponts avec la politique. Sauf qu’une semaine après la présidentielle, la France n’a toujours pas de Premier ministre — ça vous rappelle quelque chose, non ? — et le parti décide d’envoyer le jeune attaché parlementaire convaincre son père d’accepter le poste. Ambitieux, Nino met son orgueil de côté et se prépare à affronter son géniteur : un portefeuille de ministre ou une circonscription sont en jeu…

On s’amuse beaucoup en compagnie de Nino qui, en quelques heures, doit sauver son avenir politique, son couple — sa petite amie, journaliste, met la lumière sur quelques magouilles pourries — et qui sait, le destin de la France. On s’amuse d’autant plus que face à des pointures comme la Rouennaise Karin Viard, François Cluzet, Alex Lutz, on découvre Jean Chevalier, pensionnaire de la Comédie-Française, jusque-là cantonné à des petits rôles sur grand écran. Un comédien à suivre que l’on retrouvera d’ailleurs en novembre 2025 aux côtés de Jodie Foster et Daniel Auteuil dans Vie Privée de Rebecca Zlotowski.

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