Roadrunners, le retour, pour fêter un anniversaire. Le groupe emblématique du Havre se forme à nouveau à l’occasion des 30 ans de Sales Figures. Un beau programme : un concert au Tetris vendredi 14 novembre, deux à La Maroquinerie à Paris les 15 et 16 novembre, une sortie en vinyle de l’album et une exposition de photographies du groupe à voir au CEM au Havre jusqu’au 20 décembre.
Pas une once de nostalgie mais beaucoup de joie à revoir quelques images prises lors de concerts et de séances photos, la plupart signées par Roger Legrand. Celles-si sont exposées jusqu’au 20 décembre au CEM au Havre. Frandol, Thierry Effray, Nito Rodriguez et Thomas Schaettel — sans Florent Barbier, encore aux États-Unis — ont traversé toutes ces années passées au sein des Roadrunners, le groupe phare de la scène rock des décennies 1980 et 1990. Cette rétrospective, Roadrunners 82-97, rappelle une énergie, une complicité et peut-être un peu d’insouciance d’une formation, née à Évreux, qui a grandi au Havre. Les quatre musiciens racontent un souvenir à partir d’une photographie qu’ils ont choisie.
Originaire de Nantes, Thomas Schaettel, aux claviers, est arrivé au Havre le jour de cette séance photos sur la plage, le 15 septembre 1991. Les Roadrunners étaient à la recherche d’un musicien. « On m’avait repéré et j’avais été appelé. Je suis venu passer mon audition. C’était au CEM qui était encore rue Franklin. J’ai été pris. Pour moi, c’est un point de départ. Les Roadrunners étaient un gros groupe. Cela a changé ma vie. Je n’étais pas venu ici avec l’idée de devenir pro. C’était inespéré ».

Frandol, au chant et à la guitare, fait partie du premier line-up des Roadrunners. Ce concert se tient à la salle Franklin au Havre. « C’est la première scène au Havre sur laquelle j’ai foutu les pieds. Je venais d’Évreux où j’étouffais. Pendant ce concert, je me suis rendu compte que ma vie allait changer. Au Havre, je rencontre des gens qui ont certes un accent terrible mais qui écoute la même musique que moi, Après ce concert, je décide de m’installer ici et je répète dans les mêmes locaux de Little Bob ».

Les Roadrunners, « c’était le pied », résume Thierry Effray en écho à cette photo où le musicien n’apparaît pas. « C’est ma basse et c’est Sep (Jusep Cristofol, ndlr) qui a pris ma place après la naissance de mon fils ». Le bassiste mesure « toute la chance que nous avons eu pendant toutes ces années » et se souvient de « tout ce que nous avons vécu sur la route. Nous avons donné des concerts dans des bars, dans des discothèques, dans les salles, dans toutes sortes de lieux mais la salle Franklin reste le lieu emblématique ».

Direction les États-Unis avec Nito Rodriguez : « c’était un rêve de gamin. Je pensais jamais jouer là-bas ». Le concert se tenait à Austin dans le Texas dans un club, le 311. « Quand nous sommes arrivés, il y avait la queue. On s’est dit : on s’est trompé d’endroit. Nous n’étions pas connus aux États-Unis. Mais non, on nous a répondu que les Américains adoraient les groupes français. C’est un énorme souvenir ». Avant le concert, les Roadrunners se sont arrêtés dans un studio. « On a fait trois photos. Le délire, il y avait un tel choix de costumes et ce sont de vrais fusils. Forcément, comme je suis d’origine espagnole, on m’a dit : habille-toi en mexicain ! Cette tournée est vraiment pleine de souvenirs. Nous avons joué à New York, à Los Angeles et nous logions chez l’habitant ».




Infos pratiques
- Jusqu’au 20 décembre, le lundi de 19 heures à 23h30, du mardi au jeudi de 14 heures à minuit, le vendredi de 17 heures à minuit, le samedi de 14 heures à 19 heures, au CEM au Havre
- Entrée libre
- Renseignements au 02 35 48 98 25 ou sur www.le-cem.com
