Hollie Cook chante l’amour à contre-temps

photo : Fabrice Bourgelle

Le 106 à Rouen se transforme en dancehall et joue la carte reggae vendredi 10 avril avec la venue de Hollie Cook, ambassadrice du genre et chanteuse aussi touchante que probante. 

Dans le classic reggae, les filles ne sont pas légion mais ces rares représentantes tiennent la dragée haute aux piliers masculins. Si par le passé, Marcia Griffiths, Phyllis Dillon ou encore Judy Mowatt ont joué les premiers rôles dans le early reggae, l’une des meilleures représentantes actuelles s’appelle Hollie Cook et nous vient d’outre-Manche. L’artiste britannique s’arrête au 106 à Rouen vendredi 10 avril, le temps d’une pause « tropical pop » comme elle aime à qualifier sa musique de manière imagée.   

Au début de sa carrière, Hollie ne savait pas trop vers quel style pencher. Le reggae ? La pop ? Elle s’essaie aux deux esthétiques puis tranche finalement pour le son jamaïcain mais avec une couleur pop. L’aventure dure maintenant depuis une quinzaine d’années et s’accompagne de cinq albums originaux dont le tout dernier, Shy Girl, sorti en 2025. Un disque estampillé lovers rock, le versant romantique du reggae, qu’elle cultive depuis plusieurs années.

Avec sa voix douce et un glamour éminent dans l’interprétation, le charme opère dès les premières notes. Cette délicatesse vocale ne serait-elle pas le fruit de sa timidité ? C’est d’ailleurs d’elle qu’il est question dans Shy Girl, titre et chanson de l’album. Elle avoue ne pas trop parler en société et préfère écouter les autres. Hollie prône la discrétion mais se métamorphose sur scène. La transformation se produit à grande vitesse pour cette femme aux deux visages. Le malaise se dissout dès les premières secondes du concert et la voici totalement libérée, dirigeant tel un chef son General Roots Band. 

Hollie Cook est une fille de… Mais n’a jamais souhaité profiter de sa situation pour exister. Son père n’est autre que Paul Cook, batteur des Sex Pistols et sa mère, Eugenie Mathias aka Jennie Matthias aka Jennie McKeown, était la chanteuse de The Belle Stars – le fameux Sign Of The Times de 1983. On a fait pire comme ascendance. Depuis sa plus tendre enfance, la musique accompagne son quotidien. Le punk rock de papa l’a même poussée à la rébellion au sein de la reformation de The Slits alors que la culture musicale de maman a éduqué son oreille aux contre-temps, en particulier au ska, genre qu’elle a goûté à de maintes occasions dans différents projets artistiques : dans Skaville UK, 1-Stop Experience ou encore The Dance Brigade avec Lee Thompson, le saxophoniste remuant de Madness. 

Toutefois, loin des expériences collectives dans les groupes et des rythmiques enlevées du ska, Hollie Cook effectue le gros de sa carrière sous son propre nom avec une grande et réelle volonté de pauser sa musique, de lâcher ses émotions et de réaliser une sorte d’introspection sur elle-même comme on peut le découvrir dans son cinquième album où elle s’affirme enfin dans ses textes mais aussi en image puisque on peut la voir pour la première fois sur la pochette d’un disque. Mais la découvrir en chair et en os au 106 reste la meilleure option pour se lover dans son univers parfaitement équilibré entre Kingston et Londres. 

Infos pratiques

  • Vendredi 10 avril à 20 heures au 106 à Rouen
  • Première partie : Daktary
  • Tarifs : de 22 à 11 €
  • Réservation au 02 32 10 88 60 ou en ligne
  • Aller au concert en transport en commun avec le réseau Astuce
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