64 compagnies, 24 dans le In et 40 dans le off, sont à l’affiche de la prochaine édition de Viva Cité, le festival des arts de la rue qui se tient du 26 au 28 juin dans les rues de Sotteville-lès-Rouen. Le collectif et toute la beauté des liens traversent de nombreuses créations.
Lors de Viva Cité 2025, la plupart des compagnies ont partagé une colère. Les constats avaient été effectués : le monde ne tourne pas rond. Le moment était alors venu de crier sa rage. Lors de l’édition 2026 du festival des arts de la rue qui se tient du 26 au 28 juin dans les rues de Sotteville-lès-Rouen, il est temps de renouer des liens, de faire communauté, de célébrer le collectif pour peut-être imaginer un futur meilleur.
« Cela se voit également dans les programmations des autres festivals. Les artistes ont eu envie de se retrouver sur cette thématique. Ils ouvrent les fenêtres des récits sur le monde pour sortir des prés carrés de pensée. Ils évoquent tout ce qui nous relie en tant qu’êtres humains. Cela se lit dans les grandes formes mais aussi dans les histoires intimes, parfois autobiographiques », commente Anne Le Goff, directrice artistique de Viva Cité et directrice de l’Atelier 231.
Un colosse de 9 mètres
Et les liens seront tout d’abord symbolisés dans le travail de scénographie des Plastiqueurs. Fabrice Deperrois et sa bande ont construit un géant haut de 9 mètres qui prendra place dans l’allée centrale du bois de La Garenne. « Il sera là comme un totem pour donner cette énergie du vivant et pour montrer que l’être humain est au centre. Ce colosse sera lié à un système rhizomique avec des champignons », explique Anne Le Goff. Sous chacun d’entre eux, il sera possible d’entendre des témoignages de spectatrices et spectateurs du festival.
Les liens, encore, sont en filigrane dans le spectacle qui ouvre la 37e édition de Viva Cité. Dans Prélude out (en photo), Kader Attou, fondateur de la compagnie Accrorap, revient sur son enfance et ses premiers pas en danse. Ceux-là partagés avec d’autres pour explorer le mouvement dans la joie et avec des élans de résistance. La compagnie Bêstîa raconte la fraternité dans Fratello. Bonjour Désordre invite dans sa friterie à manger des frites — il est possible de venir avec ses pommes de terre —, un prétexte pour parler d’hospitalité et de générosité. La culture viticole a intéressé la compagnie Brumes pour aborder la question de la relation à la nature dans Vivantes.
De l’espoir aussi
Les Kunst und PerformanceKollectiv partent pour une Mission Arnold Schwarzenegger pour résoudre la crise climatique. Il est question de démocratie dans Phoenix de la Marzouk Machine, des travers du monde capitaliste dans Presque égal à du Petit Théâtre de pain et de préjugés racistes dans Newroz de La Meute. Mariya Aneva revient sur une greffe d’organes dans Femme hérisson. Retour de Transe Express avec ADN, Odyssée verticale et sa structure monumentale où les acrobates relèvent de multiples défis.
Tous ces liens, ce sont ceux de fraternité, de sororité, d’adelphité, d’amitié et d’amour, ceux avec un territoire, des cultures, la nature, l’enfance… Il y a bien évidemment une certaine revendication dans les spectacles. « Les artistes veulent aussi nous donner espoir et nous faire rire », ajoute la directrice de Viva Cité. Ces liens sont l’ADN des arts de la rue. « Ils racontent le festival. Ici, tout le monde est accueilli. C’est pour cette raison que ces artistes ont choisi l’espace public pour s’exprimer. C’est pour aller à la rencontre de tous les publics. Les spectacles sont gratuits. Des habitants hébergent des compagnies. La rue devient ainsi un espace social, philosophique et politique, un espace de convivialité. Viva Cité a ce rôle-là à jouer. »
Infos pratiques
- Vendredi 26 juin dès 16h15, samedi 27 et dimanche 28 juin dès 11 heures à Sotteville-lès-Rouen
- Programmation complète
- Spectacles gratuits
- Aller au festival en transports en commun avec le réseau Astuce. Ils sont gratuits samedi et dimanche et leur fréquence de passage est plus nombreuse
