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La Néréide, entre « Le Cœur et la raison »

Photo : Jean-Baptiste Millot

C’est un répertoire qui balance entre Le Cœur et la raison, titre d’un album et d’un concert de La Néréide. L’ensemble est en concert dimanche 30 août en l’église Notre-Dame à Criquebeuf-sur-Seine et clôt l’édition 2026 des Musicales de Normandie.

Dans cette histoire, une adolescente de la petite noblesse est une des élèves du pensionnat de Saint-Cyr, un internat royal au XVIIIe siècle qui préfère une éducation stricte. Elle y reçoit également un enseignement musical à travers un répertoire religieux. Des œuvres qu’elle peut mettre en miroir avec des pièces profanes entendues chez sa famille. La voilà tiraillée entre Le Cœur et la raison.

C’est le titre de l’album de La Néréide. « La vie de cette jeune femme est fascinante pour nous qui vivons en 2026, confie Camille Allérat. L’adolescence est un sujet sensible, ce moment de transition où l’on devient la femme que l’on sera le reste de notre vie. Ces adolescentes, placées sous la protection de la royauté française, sont recluses dans cet endroit et rentrent seulement une à deux fois par an chez elles. »

Des tubes de l’époque

En concert dimanche 30 août à Criquebeuf-sur-Seine en clôture des Musicales de Normandie, La Néréide, qui réunit les sopranos, Camille Allérat et Julie Roset, et la mezzo, Xenia Puskarz, donne une voix et « de la force à ces adolescentes qui étaient sous le regard et le pouvoir masculins. C’est important que cela se fasse par un ensemble féminin et par trois voix qui symbolisent les différentes personnalités de ces jeunes femmes », explique Xenia Puskarz.

Côté cœur, ce sont les airs de cour, des tubes de l’époque qui évoquent la passion. Côté raison, c’est la musique liturgique. La Néréide interprète le Miserere de Jean-François Lalouette (1651-1728). « C’est un tube de la musique baroque française avec des ambiances angéliques et torturées. Il y a là une demande de pardon pour achopper à la condition de mortel qui nous amène vers le péché », explique Camille Allérat. « Lalouette ne reste pas bloqué dans une seule émotion. Les unes et les autres se nourrissent et il met en lumière les contrastes », ajoute Xenia Puskarz.

La Néréide ajoute le Miserere de Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749) et des pièces profanes aux accents dramatiques chantées en duo ou en trio. Le Cœur et la raison est un programme exigeant, interprété avec Emmanuel Arakélian, à l’orgue, Salomé Gasselin, à la viole de gambe, et Miguel Henry, au théorbe et au luth.

Infos pratiques

  • Dimanche 30 août à 16 heures en l’église Notre-Dame à Criquebeuf-sur-Seine
  • Tarifs : de 20 à 12 €
  • Réservation en ligne
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