Disparition et traumatisme

Inès (Maya O’Rourke) cherche a comprendre pourquoi son amie a disparu / Photo : Les Films du Losange

Actrice et aujourd’hui réalisatrice invitée au festival de Cannes dans la section Un Certain Regard, Manuela Martelli signe un thriller porté par une fillette de 9 ans qui cherche à comprendre pourquoi une de ses amies a disparu. Au cinéma mercredi 26 août, le Dégel lui apportera-t-il une réponse? 

Présenté au festival de Cannes dans la section Un Certain Regard, l’héroïne du Dégel est une enfant de 9 ans. Ses parents étant en Espagne pour l’exposition universelle de Séville de 1992, Inès (magnifique Maya O’Rourke) est gardée par ses grands-parents qui tiennent un hôtel dans le sud du Chili. Ce bâtiment phare d’une station de sports d’hiver accueille une équipe de skieurs allemands qui suit un entraînement intensif dans la montagne enneigée. 

La réalisatrice chilienne Manuela Martelli filme la vie des travailleurs, qui s’organise autour du service des visiteurs, et Ines observant les deux groupes avec la même curiosité et le même intérêt. En quête de repères, la fillette passe de l’un à l’autre, sans trop déranger. En manque d’attention, elle cherche de l’affection auprès des siens, des membres du personnel mais aussi parfois auprès de certains clients. D’ailleurs, elle ne tarde pas à se lier d’amitié avec Hanna (Maia Rae Domagala), une adolescente allemande qui lui confie avoir du mal à supporter la dureté de son entraîneur et la vie d’athlète de haut niveau.

Rien vu, rien entendu

Une nuit, alors que la petite s’est glissée dans le lit de la grande, elle voit son cousin proposer à Hanna de faire un tour avec lui. Le lendemain, la jeune fille a disparu sans laisser la moindre trace. Les recherches s’organisent mais rien n’est simple en pleine montagne. Quant à Inès, pour ne pas faire de tort à la réputation de l’hôtel, on exige d’elle qu’elle affirme n’avoir rien vu, rien entendu…

Pour la réalisatrice chilienne née sous Pinochet dont le régime a fait quelque 40 000 victimes — morts, disparus, torturés ou emprisonnés —, parler de disparition n’a rien d’anodin, et le spectateur comprend combien le pays a été marqué par ces années de dictature. Les incertitudes qui pèsent sur Inès, le traumatisme qu’entraîne la disparition de son amie, tout comme les relations difficiles entre Hanna et sa mère, et entre Hanna et son entraîneur, représentent autant de blessures subies par les Chiliens.  Un film délicat, tourné à hauteur d’enfant, pour ne pas oublier le drame qui a touché tout un peuple. 

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