Dans Face à la mer, dans les salles de cinéma mercredi 26 août, Helen Walsh dresse avec pudeur le portrait d’un homme bien, du territoire dans lequel il est enraciné et de la société dans lequel il évolue : un homme marié qui finit par céder aux avances d’un matelot de passage.
Romancière britannique, Helen Walsh s’est lancée dans la réalisation en 2016 avec The Violators. Elle renouvelle l’expérience dix ans plus tard avec Face à la mer, drame romantique tourné dans une petite ville côtière du Pays de Galles. Pour le réalisatrice, le territoire dans lequel on vit a son importance et elle fait de son héros, Jack (Barry Ward), un mytiliculteur, associé à son frère Dyfan (Celyn Jones) qui travaille avec ses trois fils.
Pendant la première heure, Helen Walsh filme le travail harassant des hommes, les pieds et les mains dans l’eau glacée, pliés en deux pour ramasser des moules, chargeant des camions de cageots lourds et gluants. C’est le prétexte pour dresser le portrait de Jack, homme calme, bienveillant, heureux avec sa femme Maggie (Liz White), couturière, et leur fils lycéen, Tom (Henry Lawfull). L’homme semble se remettre d’une maladie sérieuse et la situation financière de son entreprise n’est pas au beau fixe. Pourtant, un seul sujet de tension le préoccupe vraiment : il aimerait voir son fils le rejoindre dans l’entreprise familiale or celui-ci a bien d’autres choses en tête. Une situation déjà vue au cinéma mais dépeinte ici avec une sobriété rehaussée par la beauté des décors naturels et la justesse des comédiens.
Un amour interdit
Une justesse renforcée dans la deuxième partie du film. Car Face à la mer prend une toute autre tournure lorsque Daniel (Lorne MacFadyen) entre dans la vie de Jack en sauvant de la noyade un de ses amis. En croisant le regard du matelot de passage, Jack ressent des sensations étouffées depuis plusieurs décennies. Là encore Helen Walsh insiste sur l’importance du territoire et de ses habitants car dans cette communauté rurale où il n’y a pas grand-chose à faire à part aller la pêche ou aller à la messe, tout le monde connaît tout le monde. Difficile de cacher une histoire d’amour naissante… surtout lorsqu’elle est interdite.
Jack néglige difficilement le rejet social. Quant au rejet familial, il lui est insupportable. Le spectateur est touché par le dilemme auquel la réalisatrice apporte une fin intelligente et sensible. Dans Face à la mer, se joue un drame romantique délicat, juste, sans mélo, dans la lignée des cowboys dans Le Secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee en 2006 et avant les chauffeurs routiers de Pierre Le Gall dans Du Fuel dans les artères, en décembre 2026.
- Face à la mer de Helen Walsh ( Royaume-Uni, 1h56) avec Barry Ward, Lorne MacFadyen, Liz White…
