Enjeux politiques, manipulation de l’information, complot international… Il y a les bons ingrédients pour faire de George Kaplan un spectacle captivant. La pièce de la compagnie AsaNIsiMAsa, écrite par Frédéric Sonntag est jouée vendredi 9 janvier au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux, en février au théâtre des Deux Rives à Rouen.

 

photo Bertrand Faure

photo Bertrand Faure

Qui est George Kaplan ? Pour écrire cette pièce, Frédéric Sonntag s’est inspiré du personnage de La Mort aux trousses, un film d’Alfred Hitchcock sorti en 1959. Cary Grant qui joue le rôle d’un publiciste se retrouve malgré lui dans la peau d’un espion. George Kaplan est à la fois recherché par une mystérieuse organisation et la police. Frédéric Sonntag aborde les relations étranges entre réalité et fiction et l’identité fictive. « Tout est concentré autour de ce vide, de la recherche de cette identité qui prend vie », explique l’auteur et metteur en scène.

 

1 pièce et 3 séquences. George Kaplan, ce n’est pas l’adaptation du film d’Alfred Hitchcock à la scène, mais une pièce en trois séquences avec les 5 mêmes comédiens. La première rassemble de jeunes activistes clandestins dans une maison de campagne. Le nom de leur groupe : George Kaplan. L’objet de la réunion : mettre en place un plan d’action. Dans la deuxième partie de la pièce, des scénaristes sont en plein brainstorming pour écrire une fiction dont le personnage principal s’appelle George Kaplan. Le troisième groupe est formé d’individus puissants qui tirent les ficelles d’un gouvernement occidental. La sécurité intérieure de ce pays est menacée par un mystérieux danger qui pour nom de code George Kaplan.

 

Une mécanique. Ce George Kaplan est donc à l’origine de nombreux fantasmes dans ces trois réunions. « On suit ces groupes les uns après les autres. George Kaplan va en fait désigner la même chose mais aussi une chose différente. Au fil de la pièce, on découvre que des liens existent entre ces trois groupes. Je donne des clés mais je donne aussi de fausses pistes. Nous sommes dans un comique de répétition. Il y a ainsi plusieurs façons de relier les trois parties, donc plusieurs histoires », indique Frédéric Sonntag.

 

La théorie du complot. Dans George Kaplan, Frédéric Sonntag mène une réflexion sur le pouvoir, sur la manipulation des opinions, des pensées. « Qui crée les fictions ? Quels sont les enjeux ? Comment la communication politique utilise la fiction ? Cela a une influence sur nos imaginaires ». Les trois groupes se cachent, gardent précieusement leurs informations. « Ce qui crée une paranoïa, une tension, un danger. Tout cela est très présent dans nos sociétés actuelles. La paranoïa peut réconforter rassurer parce qu’elle offre une cause, une raison. J’ai essayé de comprendre de l’intérieur la mécanique du complot ».

 

  • Vendredi 9 janvier à 20h30 au Rayon vert à Saint-Valery-en-Caux. Tarifs : de 18 à 6 €. Réservation au 02 35 97 25 41.
  • Mardi 3, mercredi 4, jeudi 5 et vendredi 6 février à 20 heures au théâtre des Deux Rives à Rouen. Tarifs : 14 €, 9 €. Réservation au CDN de Haute-Normandie au 02 35 03 29 78.